Posté par Sandor le 7 avril 2008 à 13:38 | tags : Cinéma, 100% finlande
Le cycle de films pour enfants "Regards sur la Finlande", organisé par la Bibliothèque publique d’information, s’est ouvert la semaine dernière au Centre Pompidou avec une projection de quatre courts et moyens métrages dont la succession fut étonnante pour qui - comme moi - n’a jamais mis les pieds dans l’immensité des paysages finlandais.
Dieu que l’humain est minuscule au milieu de ces vastes cadres inondés de lacs et striés de bouleaux. Non pas qu’il y soit si seul, ni si démuni : la Finlande est certes le pays le moins densément peuplé de l’Union européenne, mais on trouve toujours au sein de sa nature un compagnon ou un outil (barque, motoneige, hache...) qui permet de s’y frayer un chemin. Seulement, la nature est si immensément présente à travers tous ces plans qu’elle apparaît envahissante pour l’humain. Dans Les Durs (Maarit Lalli, 1999), le père se retrouve à deux reprises enfoncé dans la terre, coincé sous un tracteur et enfoui sous une lourde pierre, puis surnageant dans l’eau glacée après que la glace a rompu sous son poids. Dans Le Lac (Maarit Lalli, 2006), les flots où scintille la lumière ocre automnale sont si attirants que l’on finit par s’y noyer, pour émerger dans un monde d’une autre nature, peuplé de créatures du sexe opposé. Dans le superbe moyen métrage documentaire Personne n’est une île (Sonja Lindén, 2006) - titre dont on ne saisira jamais assez la signification -, un vieil homme médite sur sa vie dans sa demeure tapie au cœur de la forêt finlandaise. La fonte de la neige qui change d’état et suinte le long des gouttières, les petites phrases de sagesse populaire que l’homme se répète pour tenter de trouver un sens aux éléments qui l’entourent, les plans larges où l’homme s’enfonce avec sa barque dans une épaisse brume crépusculaire où se mêlent les flots et le ciel, sont autant de métaphores de la vulnérabilité de l’humain dans une nature ample et toujours en pleine métamorphose.

Dans ce cadre où le végétal et le minéral ne sont jamais qu’imparfaitement maîtrisables, la présence de l’animal domestiqué - cheval sellé passant au loin, chat filmé dans les sinueux méandres de son poil roucoulant - a quelque chose de profondément rassurant. On comprend alors mieux l’installation - à nouveau justement titrée - Communauté de Terike Hapooja, à l’Institut finlandais : lorsque l’animal meurt, sa chaleur le quitte peu à peu et la trace thermique de son corps se fond progressivement dans le grand reste de l’immensité bleue. Exactement le sort, semble dire ces films, qui attend l’humain trop peu attentif dans la vaste nature de Finlande.