Posté par Institut Finlandais le 10 avril 2008 à 16:24 | tags : 100% finlande, Finnois, De la finlanditude
Le 4 et le 5 avril, l’Institut finlandais accueillait le colloque “Langue et identité finnoises”. Devant un public nombreux et avisé, les intervenants ont rivalisé d’humour et d’intelligence. La question de l’identité finnoise restant cependant ouverte (de même que celle du partitif et de la catégorie de l’aspect), il nous est apparu nécessaire de continuer notre enquête sur la finlanditude. Tiina Kaartama, metteuse en scène, s’est prêtée à notre jeu avec brio, en français, après un brillant exposé sur les différences d’approche du théâtre en Finlande et en France.
Être finlandaise ? Oui, cela veut dire quelque chose : en premier lieu, c’est notre rapport à la parole et au silence
“Être finlandaise ? Oui, cela veut dire quelque chose : en premier lieu, c’est notre rapport à la parole et au silence. Quand je suis venue en France, j’ai d’abord passé trois ans à Toulouse et je crois que j’en ai passé deux à ne rien dire, parce que j’attendais que l’on me donne la parole. La culture de la parole, d’échange, la manière dont les gens s’échangent les idées en France se passent différemment : il n’y a pas de temps pour le silence. En Finlande, il n’y a jamais d’ange qui passe…Ce qui est bien en Finlande, c’est que le silence n’est pas un problème et ce qui est très bien en France, c’est que la parole n’est pas un problème. Et j’aime bien les deux.
La pièce que je suis en train de créer, Déguisé en Homme, je pense que je la crée aussi parce qu’elle parle, et pose la question, de l’identité : comment est-ce que quelqu’un vit à l’étranger ? Parce qu’en réalité, c’est ça ma condition : je suis quelqu’un qui vit à l’étranger, fondamentalement je suis étrangère. Être étrangère, c’est aussi pouvoir créer plein de fantasmes sur son identité d’origine et cela permet d’ailleurs parfois aussi de jouer avec. Il m’est arrivé d’inventer des traditions, puisque personne ne sait en réalité ce qu’est la Finlande !
Ce qui me plairait beaucoup, c’est de pouvoir parfois m’exprimer en français sans les genres. Non pas par facilité pratique, mais parce qu’il est difficile pour moi de vivre tout le temps dans un univers qui est sexué.”
Déguisé en homme, de Leena Krohn, mis en scène par Tiina Kaartama : du 11 au 22 juin au Théâtre Dunois, 7, rue Louise Weiss 75013 Paris (www.theatredunois.org)