Petit rappels historiques, géographiques et politiques pour mieux connaitre la Finlande.

Comme ses voisins suédois et norvégiens, la Finlande est fondamentalement un Etat nordique, au sens géographique, historique et sociopolitique du terme (attachement à l’Etat de droit, à un haut niveau de protection sociale, à la tradition sociale-démocrate…). L’Etat et la société en Finlande présentent beaucoup de traits communs avec leurs homologues danois, norvégien et suédois.
Du Xe au début du XIXe siècle, l’histoire de la Finlande s’est pratiquement confondue avec celle du royaume de Suède, dont elle faisait partie intégrante : de cette coexistence, elle a hérité d’un grand nombre d’institutions administratives et sociales et d’une minorité suédophone (un peu moins de 6% des 5,5 millions d’habitants actuels, qui comptent également quelque 6 900 Lapons). La Finlande est un État bilingue : le suédois est la deuxième langue nationale, après le finnois. Proche de l’estonien, le finnois est parlé par 91 % des Finlandais. Il appartient au groupe linguistique finno-ougrien, très différent des langues indo-européennes auxquelles se rattachent les idiomes scandinaves.
Cette grande singularité linguistique a pu contribuer à donner aux Finnois une sensation d’isolement dans le monde nordique où l’intercompréhension est la règle. Elle a renforcé la profondeur du sentiment national qui suscita la résistance contre les tentatives de « russification » durant la phase finale du régime tsariste (1899-1917) et l’héroïque résistance armée de la seconde guerre mondiale.
La Finlande partage en effet plus de 1 300 km de frontières terrestres avec la Russie (qui lui a annexé une portion de son territoire oriental, la Carélie, en 1944), une position géographique particulière qui détermina, notamment pendant la Guerre froide, une habile politique extérieure d’équilibre entre les blocs occidental et soviétique, passée à la postérité sous le terme de « finlandisation ». Une neutralité politique qui, malgré l’entrée du pays dans l’Union européenne (UE) en 1995, se poursuit encore, notamment, avec le refus d’intégrer l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN).
