Les Nenets (ou Nénètses) constituent la plus importante des 26 ethnies sibériennes : c’est le peuple des fils de Noum, dieu du ciel et des grandes tempêtes.

Les « Princes de la Toundra », dont la population était estimée à environ 41 302 individus au dernier recensement de 2002, occupent trois territoires autonomes de la côte arctique, la Nenetsie, l’Iamalo-Nenetsie et le Taïmyr. Ils sont largement minoritaires dans les trois cas (4 à 12 % de la population totale), face à une majorité de Russes. La superficie de leur territoire est d’environ 1 million de km².
Le pays des Nenets est celui de la toundra et de la forêt de conifères, une terre de pergélisol, avec de nombreuses rivières et de vastes zones marécageuses. La religion des Nenets est basée sur un système de croyances chamaniques et animistes : la terre et ses ressources, à l’instar des Amérindiens, font l’objet d’un culte. Le chamane (ou tadibya), médiateur entre le monde des esprits et le monde terrestre, est un pilier de la communauté (comme l’axe « sacré » sur lequel repose la structure des tentes nenets). La structure sociale de la société nenets est de type clanique, chacun ayant ses propres zones de pâturage, de chasse et de pêche. L’activité économique traditionnelle repose sur l’élevage des troupeaux de rennes, dont la place est fondamental dans la survie du peuple. Une centaine de bêtes couvrent théoriquement tous les besoins d’une famille : les rennes fournissent la nourriture, leurs peaux servent à la fabrication des vêtements et des chaussures, ainsi que des tentes, leurs cornes sont utilisées pour la fabrication d’outils et ustensiles.
les Nenets sont également victimes depuis quelques années de l’activité industrielle, en particulier de l’exploitation non contrôlée du gaz et du pétrole
Le principal danger menaçant les Nenets n’est pas celui de l’extinction, puisque leur population augmente, mais celui de l’assimilation. Beaucoup de Nenets se sont sédentarisés et ne veulent plus vivre dans la toundra et reprendre la dure vie de nomade. La réglementation soviétique et post-soviétique ne leur permet d’ailleurs pas de vivre selon leurs us et coutumes (la législation russe ne prévoit pas de droits spécifiques pour les peuples autochtones, que défend néanmoins une association du peuple autochtone nenets au sein de la Fédération des Petits Peuples de Russie) : en 1957, un décret a ainsi contraint les Nenets à rester dans des pensionnats d’état de la naissance à la fin de leur scolarité. Beaucoup d’enfants nenets (à l’instar d’Anastasia/ Nekochako Lapsui) ont grandi coupés de leurs racines.
Si les facteurs socio-culturels (mariages mixtes, sédentarisation, scolarisation russe,...) favorisent leur perte d’identité culturelle, les Nenets sont également victimes depuis quelques années de l’activité industrielle, en particulier de l’exploitation non contrôlée du gaz et du pétrole (qui détruit notamment certaines zones de pâturages) sur leur territoire ancestral, dont le sous-sol abrite les plus importants champs pétrolifères mondiaux.