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Portrait de Jani Nuutinen

Jani Nuutinen, expression libre

Portrait

 

Quel goût peut bien avoir la liberté ? Amère ? Salée ? Sucrée ? Poivrée ?
Pour Jani Nuutinen c’est différent, il peut même la dessiner. Chez lui, elle prend la forme d’une piste circulaire. C’est là qu’il y donne ses spectacles. Le dernier s’intitule « Un cirque plus juste ».


« Un cirque plus juste » est le second spectacle d’une trilogie dont Jani espère présenter la dernière aventure courant année 2010. Le chapiteau fait dix mètres de diamètres et peut accueillir cent vingt spectateurs avec une toute petite piste de 3 mètres au milieu. En 2002 il avait monté « Un cirque tout juste » où déjà il faisait l’homme orchestre : au four et au moulin, à l’accueil et à la logistique, sur le devant et derrière la scène.

Le lutin génial et ingénieux que Jani est devenu semble avoir fait de sa vie un éternel amusement. Quel beau programme ! Mais, faire de sa vie un éternel amusement, cela demande de le faire avec un grand sérieux. Et Jani y met tout le sérieux dont les enfants sont capables pour construire le monde. Un monde que Jani a lui même imaginé, conçu, réalisé à sa propre dimension : avec sa tête, ses rêves, son cœur, ses mains, sa sueur et son ordinateur. De la conception à la réalisation, on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. C’est que, l’elfe blond du Limousin, sa région d’adoption depuis une dizaine d’années, s’inscrit à la fois dans une pratique et une tradition circassienne que j’ose qualifier de primitive, c’est-à-dire qui le ramène à une époque où les acrobates concevaient eux-mêmes leurs instruments. Il y a là comme une résistance à l’impensé qui aimerait sans doute voir le cirque devenir une industrie avec publics et outils manufacturés.

Sans le marteler, Jani réfute cette pratique. Ce n’est pas cette image mentale du cirque qu’il aime se projeter. Pour lui le cirque est un espace libre, difficile et dangereux. Là où son être trouve son expression la plus libre.

Trouvailles, bidouilles et système D

Jani me parle de ses « trouvailles » et de ses « bidouilles » pour confectionner tel objet. Et je perçois à travers ses yeux qui babillent dans tous les sens toute la singularité poétique qui fait le charme de ses spectacles. « J’ai envie de travailler avec mes objets. Au contraire le spectateur ayant déjà vu des numéros avec une massue sait à peu prés à quoi s’attendre. Pour ma part j’ai construit des objets qui surprennent. C’est le cas avec les boulets de canon ou les tringles à rideaux » me dit-il lors de notre rencontre prés de sa caravane aussi singulière que son maître dans cet immense parc du château de Nexon. Ah les fameuses tringles à rideaux qui deviennent par la magie du spectacle à la fois armature pour poser le chapiteau et point d’appuie pour les numéros de force !


En se confectionnant sa propre mythologie circassienne à travers les différentes écoles et ateliers auxquels il a participé, l’elfe blond à chercher à casser les mille stéréotypes qui pèsent de tout leurs poids ancestraux sur cet art qui n’a pas 30 ans dans son pays natal et dont il est avec son comparse Maksim Komaro le plus bel héraut des temps modernes. Au final, le spectateur ne doit pas s’attendre à une surcharge pondérale de performance. Jani aime rien tant que surprendre : en détournant par exemple des objets du quotidien de leur fonction originelle, ou encore en emmenant ses invités d’un soir sur de fausses pistes. Ce qui est un comble pour un circassien mais point pour l’elfe blond du Limousin.

En 2002 il avait monté « Un cirque tout juste » où déjà il faisait l’homme orchestre : au four et au moulin, à l’accueil et à la logistique, sur le devant et derrière la scène

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