C’est au XIXe siècle (alors que le pays faisait encore partie de l’Empire russe) que s’est développée l’idée d’une nation finlandaise fondée culturellement sur la langue finnoise. Mais la fennité (ou identité finlandaise) repose aussi sur les rapports qu’entretiennent les Finnois, majoritaires dans le pays, avec les minorités présentes sur le territoire, au premier rang desquelles, les svécophones (ou suédophones), soit un peu moins de 300 000 Finlandais.
D’ailleurs, « finnois » vient du mot suédois « finn » qui désignait à l’origine les Lapons… La question linguistique, symbolisée en particulier par la cohabitation entre ces deux principales communautés, n’est pas une mince affaire en Finlande. Le pays a promulgué pas moins d’une quinzaine de lois en la matière, la plus récente datant de 2003. Il a été, de surcroît, l’un des premiers pays d’Europe à ratifier en 1994 la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires – traité qui veut favoriser l’emploi de ces idiomes dans la vie publique –, ainsi que la Convention cadre pour la protection des minorités nationales, entrée en vigueur sur le sol finlandais en 1998.
