« Mon premier souvenir de composition, c’est la tentative de noter une musique « nerveuse et jaune » que j’avais en tête et que je ne parvenais pas à écrire ». Quarante ans plus tard, la compositrice Kaija Saariaho s’est forgé un style à part.

Chaque compositeur aujourd’hui possède cette liberté parfois déroutante de pouvoir fixer lui-même les règles de son invention musicale. Kaija Saariaho n’est pas japonaise mais l’origami, l’art du papier, serait pour elle une belle métaphore… inversée : partant d’un personnage minuscule, le déplier pour révéler une grande surface. Tout semble se générer de l’intérieur, dans sa musique. Traversée de mouvements, ce sera sans à-coups. Calme ou animée, elle est toujours sympathique, en accord, en affinité. Ce style est bien illustré par Orion, sa grande pièce d’orchestre. Ce n’est pas un hasard si son titre se réfère au ciel étoilé, cette grande trame, espace immense d’où peut jaillir un mouvement, mais dans lequel tout reste lié.
Et la musique vivante offre cette chance aux musiciens de cheminer ensemble dans une création. « Presque toute ma musique a été dédicacée à quelqu’un ; j’entends une voix, une interprétation, je rencontre une personne qui me fascine, et la musique commence à remplir mon esprit ». C’est ainsi depuis longtemps avec le violoncelliste Anssi Karttunen à qui le concerto Notes on Light est la cinquième oeuvre que Saariaho dédie. Avec Karita Mattila, cet échange est plus neuf. Mais surtout, pour cette nouvelle oeuvre, Kaija Saariaho réunit les deux, pour une pièce concertante en forme de duo sans précédent.
Jeudi 13 mars 2008 20:00-23:00
252, rue du Faubourg-Saint-Honoré
75008 Paris
Information / Réservation :
01 42 56 13 13
Tous les jours de 11h à 19h, les dimanches, uniquement les jours de concert, de 11h à 17h. Les frais de réservation sont de 2€ par place.
www.sallepleyel.fr
www.orchestredeparis.com
Née le 14 octobre 1952 à Helsinki, Kaija Saariaho a étudié la musique à l’Académie Sibelius de Helsinki puis, entre autres, à Paris, auprès de Pierre Boulez à l’IRCAM.
Elle s’est enthousiasmée pour la musique spectrale de Tristan Murail et Gérard Grisey. Avec d’autres apprentis compositeurs en formation à la fin des années 1970, Kaija Saariaho avait fondé une association en forme de mot d’ordre esthétique : Korvat auki (en français « Ouvrez vos oreilles »). Ce groupe est sans doute à l’origine du mouvement historique qui vaut aujourd’hui à la Finlande d’occuper une place privilégiée dans le monde en matière de composition contemporaine.
En rendant la technique (informatique ou instrumentale) de moins en moins perceptible au profit d’une communication élevée entre auditeurs et compositeur, Kaija Saariaho se comporte comme tous les grands qui l’ont précédée sur la voie de la musique, lyrique ou non (Pierre Gervasoni, Le Monde)
http://www.saariaho.org/
http://www.petals.org/Petals.html
info-finlande.fr/...
Christoph Eschenbach,direction / Karita Mattila,soprano / Anssi Karttunen,violoncelle
MIRAGE, pour soprano, violoncelle et orchestre – création mondiale, co-commande
avec le BBC Symphony Orchestra et le Deutsches Symphonie-Orchester Berlin
ORION,pour grand orchestre
NOTES ON LIGHT, concerto pour violoncelle et orchestre – création française
Mirage sera exécutée une seconde fois en clôture de programme