Le Ballet de Lorraine propose une double lecture de l’oeuvre de Stravinsky.

Noces, dans la chorégraphie de Bronislava Nijinska, la soeur de Nijinsky, était déjà – à sa création en 1923 – un manifeste de la modernité. Le danseur et chorégraphe finlandais Tero Saarinen exacerbe le rituel du mariage forcé en une tragédie actuelle.
Ouvrant le spectacle, son solo Hunt offre la vision hallucinante, éclatée en une énergie sauvage, d’un Sacre du printemps (musique enregistrée) réalisé en coopération avec l’artiste multimédia Marita Liulia.
Puis le Ballet de Lorraine livre deux versions dansées d’une
même musique de Stravinsky : la dernière mouture de la
partition Svadebka/Noces, faisant appel à 4 chanteurs
solistes (soprano, mezzo-soprano, ténor et basse), un
choeur à 4 voix et un petit orchestre formé de 4 pianos et
d’une importante percussion.
La première version, Noces,
est l’originale conçue en 1923 par Bronislava Nijinska pour
les Ballets Russes de Serge Diaghilev. La seconde – sous le
titre Mariage – est une chorégraphie demandée par le Ballet
de Lorraine à Tero Saarinen et créée à Nancy en décembre
2007. La partition de Noces (Nijinska) est chantée – comme
à la création – dans l’adaptation française de Charles-
Ferdinand Ramuz, tandis que Mariage (Saarinen) fait
entendre les paroles russes écrites par Stravinsky.
Ce projet bénéficie du soutien de la Mairie de Paris, d’Accor et de Mastercard.
Ill : © Laurent Philippe
Ancien soliste du Ballet national de Finlande, Tero Saarinen crée sa compagnie en 1996. Dans les années 1990, il s’intéresse aux danses traditionnelles japonaises et au butô.
Au théâtre du Châtelet, le chorégraphe propose un programme autour des musiques d’Igor Stravinsky et interprète un solo (Hunt créé en 2002 en collaboration avec l’artiste multimédia Marita Liulia pour la Biennale de Venise) sur Le Sacre du printemps : « Hunt n’est pas seulement un fantastique one man show. Si les lumières de Mikki Kunttu sont parfaitement en phase, découpant le corps torturé du danseur, arrêtant son image en plein vol, articulant le temps autant que l’espace, la collaboration avec Marita Liulia vise au sublime. L’artiste multimédia n’abuse pas de ses effets, c’est d’une rare élégance. Elle projette des images interactives sur le corps ou le tutu de voile descendu des cintres pour habiller Saarinen, elle y peint d’un doigt léger des tatouages chorégraphiés avec une maestria éblouissante. » (Blog de J.-J. Birgé)
http://www.terosaarinen.com/
opera-national-lorraine.fr
forumopera.com
Ill. DR Tanja Ahola
Avec les solistes de l’Orchestre symphonique et lyrique de
Nancy, le choeur de l’Opéra national de Lorraine et Khatouna
Gadelia (soprano), Katalyn Varkonyi (mezzo soprano), Avi
Klemberg (ténor), Jean Teitgen (basse)
Direction musicale : Jonathan Schiffman