Alvar Aalto,de l’éveil du fonctionnalisme à "une standardisation flexible ".

Ce dernier est alors en pleine possession de son art. Né à Kuortane en 1898, Hugo Alvar Henrik Aalto, fonde son bureau d’architecture en 1923 à Jyväskylä, ville de son enfance, pour laquelle il réalise trente-sept projets (l’hôtel de ville, le bureau des associations patriotes, le théâtre, l’université…). La première réalisation architecturale qui assoit sa renommée est la bibliothèque de Viipuri (1927-1935), située désormais en Russie, et les pavillons qu’il conçoit pour les Expositions universelles de Paris (1937) et de New York (1939) frappent les imaginations. Adepte du fonctionnalisme et, à l’instar de l’Américain Franck Lloyd Wright, de l’architecture organique, Aalto goûte « les jeux de formes libres et de surface en mouvement », installe un dialogue entre les espaces intérieurs et extérieurs, privilégie les éléments naturels comme la brique et le bois. Mais contrairement à Wright, l’intérêt qu’il porte à la nature réside dans « ses formes émergentes et perceptibles, plutôt que l’ordre rationnel auquel elle peut être réduite » (Alan Colquhoun). Il applique ses conceptions architecturales au design en fondant Artek avec sa première épouse en 1935 – cette société continue de fabriquer en collaboration avec la Fondation Alvar Aaalto des sièges, fauteuils, luminaires et créations de verre. Alors qu’il reçoit des commandes publiques d’envergure comme le plan d’urbanisme de Rovaniemi (1948) ou l’hôtel de ville de Säynätsalo (1952), Aalto donne à son architecture une inspiration plus personnelle au lendemain de la seconde guerre mondiale. Inspiré par l’architecture méditerranéenne (les patios romains, par exemple) et par l’esthétique japonaise, dont la connaissance « l’aid[e] à s’affranchir des dogmes de l’architecture rationaliste et lui révél[e] la valeur des traditions finlandaises jusque-là occultées par le style international chez les architectes du mouvement moderne » (Ásdís Ólafsdóttir, info-finlande.fr), Alvar Aalto est également un humaniste. En témoignent le sanatorium de Paimio (1939- 1933) ou les maisons préfabriquées (dites « Système A ») destinées aux ouvriers de l’industrie du bois, dessinées dès 1937 et pour lesquelles il applique « une standardisation flexible » permettant d’individualiser les bâtiments.