Posté par Institut Finlandais le 23 juin 2008 à 16:02 | tags : Environnement, De la finlanditude
Depuis le mois de mars, le blog de 100% Finlande nous a permis de mener à bien notre (en)quête de la finlanditude auprès des artistes invités par l’Institut finlandais. Avant de livrer nos conclusions au moment où la Finlande cédera – hélas - la place à l’Europe sur le devant de la scène des saisons culturelles, notre dernière invitée ne pouvait être que Marjatta Levanto, qui dirige l’Institut depuis 4 ans. Avant de quitter Paris et l’équipe tout aussi inventive qu’efficace de ce front avancé de la culture finlandaise, après avoir converti nombre de Parisiens à la richesse et la diversité de l’art finlandais ou permis aux bébés de faire leur premiers pas de peintres, Marjatta Levanto revient en notre compagnie sur ce qui pour elle est avant tout une évidence.
“Pour moi, être finlandaise, c’est évident ! Je ne peux pas dire que je suis “chez moi” n’importe où. Je peux vivre n’importe où mais je ne suis vraiment “chez moi” qu’en Finlande. Le fait que je sois mi-finlandaise et mi-estonienne a peut-être joué : ma mère estonienne avait perdu son pays, et elle en a été malheureuse toute sa vie. Elle est morte avant qu’il ne soit possible de rentrer en Estonie. Ma mère parlait toujours de son pays comme d’un paradis perdu. Ce n’est pas du tout le cas pour moi avec la Finlande ! Mais j’ai peut-être plus réfléchi à ce sujet que d’autres… peut-être…
En Finlande, on croit qu’une promesse est vraiment une promesse. Être honnête, sincère, fiable… c’est primordial !
Qu’est-ce que ça veut dire “être finlandaise” ? Il y a des clichés qui sont vrais : je pense au silence… c’est extrêmement important pour moi. J’aime cette idée que le silence n’est rien de gênant. En Finlande, on peut être en silence et ce n’est pas un problème. Et ça, c’est spécial. Le silence est essentiel. Vivant en France, il est absolument nécessaire que je me retrouve chez moi seule : sans personne, sans parler, sans réfléchir, sans rien. Je pense que c’est vrai pour la plupart des Finlandais. Le silence est une source de vitalité et de vie. On peut être ensemble sans parler : on est là, c’est la présence qui est importante et le sentiment qu’il y a quelqu’un d’autre. On n’a pas besoin de mots.
Le silence est aussi rendu possible en Finlande par – autre cliché ! – la nature. On peut aller à pied en forêt, et il y a bien sûr le bruit du vent et des oiseaux mais on est loin du monde actif. Ce qui explique que la plupart des Finlandais ont leur petit mökki à la campagne, sans électricité ni eau courante. Là, on peut sentir ce qui est vraiment essentiel dans la vie. Moi je n’ai pas de mökki mais je porte toujours ce sentiment des forêts, du silence, des lacs, des nuits blanches… cela ne s’oublie pas… c’est en moi.
Savoir utiliser le small talk je ne pense pas que ce soit vraiment si important que cela en Finlande grâce à ce concept du silence. Si je n’ai rien à dire, je ne dis rien. Et je crois toujours ce que l’on me dit. C’est toujours une surprise pour moi quand des promesses ne sont pas tenues. En Finlande, on croit qu’une promesse est vraiment une promesse. Être honnête, sincère, fiable… c’est primordial ! Pour les Finlandais, ce sont des vertus. Être ponctuel aussi, pour ne pas voler du temps aux autres. La simplicité, ce n’est pas la même chose que la stupidité ! En Finlande on n’a pas besoin tout le temps de tout expliquer par des mots.
Ma finlanditude n’est pas intellectuelle, c’est une émotion, une émotion pure…”
Nota bene : le programme automnal de l’Institut finlandais sera disponible en ligne début juillet

Posté par 2goldfish le 23 mai 2008 à 14:45 | tags : 100% finlande, Art plastique, Environnement
A partir de lundi et pour quinze jours, le festival finalndais Amorph ! prend résidence en France. Quatre artistes français et quatre artistes finlandais qui ne se connaissent pas se verront, deux par deux, assigner un bout d’espace public et devrons en faire... quelque chose !
Ca n’a pas l’air de grand chose dit comme ça, je le sais, mais je ne peux pas deviner ce qu’ils n’ont même pas encore décidé de faire. Ce dont je peux vous parler, par contre, c’est des travaux antérieurs des artistes. Mimosa Palen, par exemple, est un très bon début puisque celle qui fera la paire avec Viviana Moin à Mains d’Oeuvre à Saint Ouen est devenu célèbre grâce à "l’origine du monde", si vous me permettez ce doux euphémisme.
Dans un geste qui se voulait à la fois écolo et féministe, elle a construit le pousse-pousse (moyen de locomotion urbain non polluant) à la forme si singulière que vous ne voyez pas sur cette photo (mais que vous pouvez voir nettement ici si vous n’êtes pas au travail ou si votre entourage professionnel est "permissif"). Mimosa Palen voulait en promenant les habitants d’Helsinki dans son pousse pousse de deux mètres cinquante de haut protester contre la domination des symboles phalliques dans la société.
D’habitude je terminerais ce billet par une blague ou un jeu de mot et j’en ai bien que me viennent à l’esprit mais, j’en suis désolé, aucun n’est très élégant. J’ai déjà eu bien du mal avec le titre, pour tout vous dire.
Posté par 2goldfish le 19 mars 2008 à 09:10 | tags : Environnement
D’abord les bébés phoques, maintenant les écureuils volants : on dirait qu’il ne fait pas bon être mignon au pays du Père Nöel. Moomin devrait se méfier !
L’union Européenne vient en effet de renouveler une directive qui donne à la Finlande la responsabilité de "maintenir l’écureuil volant sur la carte". L’industrie forestière, principale ennemie de l’écureuil volant, n’est pas très contente : la population de ces petits mammifères qui ressemblent à s’y méprendre à des doudous a, selon les dernières études, augmenté. Oui, répond l’Union Européenne, mais pas encore assez ni dans suffisamment d’endroits différents. L’industrie forestière est cependant un des piliers de l’économie finlandaise et pour un écureuil qui vole, combien de finlandais doivent-ils se retrouver au chômage ? Le problème est épineux.
Si j’étais le syndicat de l’industrie forestière, j’irais trouver quelques écureuils volant, je tamiserais un peu la lumière, mettrait un disque de Marvin Gaye, verserais un peu d’alcool dans les mangeoires et je laisserais la nature faire le reste.
Posté par 2goldfish le 13 mars 2008 à 14:17 | tags : Vidéo, Musique, Métal, Environnement
Au début des années 1980, Hanoi Rocks a été le premier groupe de rock finlandais à conquérir le monde, inventant au passage tout un mouvement qui allait faire beaucoup de mal à la couche d’ozone via des millions de litres de gel coiffant en spray utilisés par les musiciens et les fans de ce qu’on appellera le "hair metal".
Guns’N’Roses, Jon Bon Jovi, Def Leppard et autres Motley Crue n’auraient jamais été les mêmes sans ce groupe séminal qui mêlait une esthétique glam-rock seventies aux grosses guitares du métal. Bien sûr, en plus des trous dans la couche d’ozone, il y a eu tous ces léopards tués pour faire des pantalons, ces autruches plumées pour faire des boas, ces bébés phoques massacrés pour leur fourrure, ces pingouins dont la graisse a été transformée en maquillage et les chevaux dont on a scié les sabots pour faire des platform boots... Mais que ne ferait-on pas au nom de l’art ?
Plus sérieusement, ayant grandit en écoutant ce genre de musique, je dois avouer que j’aime beaucoup. Et je n’en ai même pas honte.
Posté par 2goldfish le 12 mars 2008 à 13:36 | tags : Environnement, Art numérique
Du 23 au 29 février à Helsinki un nuage vert lumineux flottait au dessus de la centrale thermique de Salmisaari. Ca ressemblait à la rencontre d’une aurore boréale avec la pollution citadine mais c’était évidement une projection laser, œuvre de Hehe, un duo d’artistes finlandais habituellement basé à Paris qui opérait dans le cadre de l’édition finlandaise du festival Mal Au Pixel.
La taille du nuage, comme vous pouvez le voir sur le graphique à gauche, augmentait à mesure que la consommation en électricité baissait, consommation mesurée sur la base des habitants d’Helsinki. Le but était d’éveiller les consciences au problème de l’économie d’énergie. Une opération "une heure de débranchement" a d’ailleurs été organisée le 29 février et a été plutôt suivie, autant par les habitant que par de grandes entreprises comme Nokia et la compagnie des tramways de Helsinki.
Quelques photos de la bête empruntée au blog du Nuage Vert :




Posté par 2goldfish le 12 mars 2008 à 09:30 | tags : Vidéo, Humour, Sport, Environnement
A peine moins sérieux que les championnats du monde d’air guitar, depuis 2000 la ville de Savonlinna accueille les championnats du monde de lancer de téléphone mobile. Avec plusieurs épreuves (longueur, freestyle, freestyle en équipe et junior) et des championnats nationaux crées depuis au Royaume Uni, en Norvège et en Suisse, on peut dire que le lancer de mobile va loin (pouf pouf... excusez moi, c’est de pire en pire).
Le record est actuellement détenu par un anglais qui a lancé son téléphone à 95 mètres, tandis que le gagnant de l’épreuve "freestyle" en 2007, un néerlandais du nom de Taco Cohen, l’a remporté grâce à un mélange de jonglage et d’acrobatie. Des participants anglais l’an dernier ayant jugé bon de se déguiser en pingouin ou en gorille, on parle d’incorporer une catégorie "costume" aux prochains championnats.
Tout ça semble tout droit sorti d’un sketch des Monty Pythons mais il y a bien une raison derrière ces championnats : ils sont là pour sensibiliser les spectateurs au recyclage de leur téléphone. Les téléphones lancés sont fournis par des compagnies de recyclage qui bien sûr les ramasse à la fin de la compétition.
Etre un adulte responsable de nos jours, c’est ça : s’accorder le droit de faire les choses les plus stupides du moment qu’on les fait pour la bonne cause. Admirons :
Posté par 2goldfish le 10 mars 2008 à 16:53 | tags : Actualité, Environnement
Les bébés phoques du nord de l’Europe et particulièrement ceux des côtes finlandaises sont en danger de mort à cause du réchauffement climatique. Paradoxalement, ils risquent de mourir de froid : leur mère les enfouit normalement dans un nid de glace pour les protéger du froid pendant leurs premières semaines, sauf que cette année les glaces ont déjà commencé à fondre alors que les sept à dix mille phoques annelés de la Baltique ont mis au monde près de mille cinq cent bébés ces dernières semaines. Il est possible selon le Fonds Mondial pour la Nature qu’aucun ne survive.
Le bébé phoque, il n’est sans doute pas besoin de le rappeler, est l’une des créatures les plus mignonnes du royaume animal. Ce titre ne lui devrait pas pour autant lui permettre de retenir notre attention plus que pour tout autre animal. Pourtant, il reçoit quand même toute notre affection alors il va bien falloir faire avec : il y a bien des espèces plus menacées en ce moment mais ce drame ci servira peut-être à éveiller un peu plus quelques consciences.
En Finlande, d’ailleurs, si on a pris plus de mesures qu’ailleurs pour économiser l’énergie, le pays reste un énorme consommateur. Bien qu’en tant que pays "sensible" il paie sans doute plus que sa part dans les conséquences du réchauffement climatique, il n’y est pas non plus pour rien. L’entrée en service du cinquième réacteur nucléaire finlandais l’an prochain ne suffit d’ailleurs pas à tout le monde : il est de plus en plus question d’un sixième réacteur. De là en déduire que les phoques ont des intérêts dans le nucléaire, il n’y a qu’un pas... trop stupide pour être franchi ici.
Posté par 2goldfish le 4 mars 2008 à 12:01 | tags : Environnement, Economie
Pour beaucoup, les métiers de bucheron et de menuisier ont gardé une image assez rustique et primitive : on coupe peut-être le bois avec des tronçonneuse et des scies électriques mais fondamentalement, on garde l’image de Charles Ingalls dans "La Petite Maison Dans La Prairie" qui depuis trente ans qu’on le voit à la télévision française n’a pas changé sa technique d’un iota.
Or la Finlande a deux spécialité : le bois et l’innovation technologique. Pas question bien sûr que le second n’affecte pas le premier. En Finlande, donc, on utilise des cartes satellites pour sélectionner les zones où couper des arbres et établir le chemin le plus court pour l’emmener à la scierie... Rien de bien étonnant en fait.
Ce qui est réellement étonnant, c’est cette nouvelle méthode qui vient d’être mise au point pour la découpe : les menuisiers font une radiographie des troncs d’arbres pour y repérer les nœuds et le meilleur bois de cœur et pour débiter le tronc de la façon la plus efficiente possible.
On est loin du charme rustique de la menuiserie de Charles Ingalls mais cette technique permet non seulement de faire des économies mais aussi bien sûr de réduire le nombre d’arbres coupés pour obtenir la même quantité de bois utilisable. Bien sûr ça fait longtemps qu’on replante tout ce qu’on coupe en Finlande mais peu importe la logique, moins d’arbre coupés, ça fait plaisir au petit écolo au fonds de mon cœur.
Posté par 2goldfish le 29 février 2008 à 17:33 | tags : Climat, Environnement
La Finlande est en train de connaitre l’hiver le plus chaud de son histoire ou du moins depuis un siècle que les températures son enregistrées. Elles sont en moyenne supérieures de cinq degrés celsius aux normales saisonnières. Côté bonne nouvelle, les céréaliers anticipent qu’un un tel hiver leur assure des récoltes abondantes en 2008.
Ironiquement, la Finlande est à la fois l’un des pays les plus "propres" en termes de rejets de CO2 et du fait de sa sa proximité du cercle polaire l’un des les plus touchés par le réchauffement climatique. De plus en plus souvent dans le sud et même le centre du pays, on passe des Noëls sans neige, une situation autrefois exceptionnelle.
La Finlande est une grosse consommatrice d’énergie. Imaginez simplement les factures de chauffage en Laponie, quand il fait -35° dehors et qu’en plus vous avez décidé de prendre un sauna à +100° ! Du coup ça fait longtemps qu’en Finlande on se soucie de construire des maisons qui savent retenir la chaleur. L’industrie du bois est, elle aussi une grosse consommatrice d’énergie. Les sous produits, plutôt que d’aller polluer les lacs et rivières, sont réutilisés pour produire de l’énergie dans des centrales propres.
A côté de ça, la Finlande a aussi quatre centrales nucléaire (et bientôt cinq), du gaz naturel importé de Russie, des centrales hydrauliques, des éoliennes... Elle est aussi un des leaders mondiaux de la production de bio-carburants, elle a signé l’accord de Kyoto et applique en général avec enthousiasme les directives européennes sur l’environnement mais sa consommation d’énergie augmente toujours chaque année, comme partout ailleurs (+1,5% par an) et les glaciers fondent toujours...
Posté par 2goldfish le 26 février 2008 à 11:27 | tags : Société, Politique, France, Environnement, Economie, Chiffres
La NEF (New Economics Foundation) est un organisme dont le but est de promouvoir une nouvelle pensée économique. L’un des exemples les plus parlants de cette nouvelle pensée c’est le Happy Planet Index, une évaluation du bonheur des êtres humain nation par nation. Comment calculent-ils cet index ? En prenant en compte l’espérance de vie des habitants, la préservation de l’environnement et le degré de satisfaction déclaré par les habitants (simplement : on leur demande d’évaluer eux même à combien ils s’estiment satisfaits sur une échelle de 1 à 10).
On apprend sans surprise que la réussite économique "classique" n’a rien à voir avec un bonheur durable : la Russie et les Etats-Unis sont ensemble parmi les plus malheureux. Le pays le moins heureux de la planète serait le Zimbabwe avec un Index à 16,6 sur 100 et le plus heureux les îles Vanuatu avec 68,2.
La France est 129ème avec un index à 36,4 et la Finlande est toute proche à la 123ème place et un score de 37,4. On retrouve là un peu la même chose qu’avec l’indice de développement humain. En France comme en Finlande, ce qui ruine vraiment notre score c’est la préservation de l’environnement. Si nous voulons être heureux, nous savons ce qu’il nous reste à faire.