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  • A Susanna Mälkki…

    Posté par Institut Finlandais le 24 juin 2008 à 15:22 | tags : 100% finlande, Finnois, Ensemble Inter Contemporain, De la finlanditude

    Selon les Finlandais que nous avons eu la chance d’interroger sur leur finlanditude, en Finlande, pays où il n’y jamais d’ange qui passe, on s’allonge nu sur la mousse en portant le beau fardeau de la mélancolie… En Finlande, pays du repos, on se demande ce que les autres pensent de soi tout en n’ayant pas peur d’être seul… En Finlande, pays dont les habitants ne font jamais d’entourloupe, on est fier et on ne le montre pas… En Finlande, on aime parler finnois tout autant que l’on aime se taire et en Finlande, on est finlandais… c’est évident !

    L’emploi du temps de Susanna Mälkki, l’impeccable directrice musicale finlandaise de l’Ensemble Intercontemporain, ne nous a, hélas, pas permis de découvrir son interprétation du "suomalaisuus" (caractère national finlandais que nous avons choisi de traduire par “finlanditude”). A l’heure du reflux finlandais, nous avons décidé de lui dédier nos conclusions sur la finlanditude, en hommage au travail extraordinaire qu’elle mène à Paris depuis plusieurs années et dans lequel il nous a semblé retrouver quelques-uns des traits caractéristiques de la fennitude…

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    Teuvo tulio
    Droits réservés

    100% Finlande aura permis aux Français de découvrir la vitalité actuelle de la culture finlandaise ainsi que quelques-uns de ses héros passés, notamment le cinéaste Teuvo Tulio, génial démiurge d’un monde débordant de rebondissements et de personnages saisissants.

    Nos ternes cieux, qui avaient néanmoins déjà la chance d’être éclairés par le travail de sape entrepris par l’Institut finlandais (depuis 1991) et quelques francs-tireurs isolés, ont, le temps d’un printemps, vu éclater les mille feux d’un pays qui sait être fier de ce qu’il est sans jamais se rengorger ni se pavaner. Un pays, qui tout en étant à la pointe de la modernité, considère comme des vertus, des idées aussi vieillottes que la simplicité ou l’honnêteté et dont les plus expérimentaux des artistes d’avant-garde placent au premier plan la notion de sérieux. Une nation qui a inscrit dans ses gênes linguistiques l’égalité des sexes (nous profitons d’ailleurs de cet ultime article pour réitérer notre souhait que le finnois devienne la seule langue officielle de l’Union Européenne)…
    Un pays où l’on n’a pas besoin de verbiage pour croire qu’on existe puisqu’un peu de mousse ou une nuit-sans-nuit d’été suffit à cela ! Un peuple qui a compris l’importance de l’éducation et de la culture et qui vient de prouver aux éternels snobs que nous sommes qu’un pays de 5 millions d’habitants pouvait tenir la dragée haute à toutes nos institutions.

    Un pays où l’on danse

    Un pays où l’on danse presque autant qu’on y lit, où l’on joue de la musique autant qu’on en écoute, où l’on s’approprie des arts venus d’ailleurs, comme le cirque ou le tango, pour mieux les réinventer. Un pays dont les artistes s’inspirent des aurores boréales aussi bien que des corps d’animaux morts. Un pays où l’humour est souvent aussi noir que les nuits d’été sont blanches. Un pays dont les habitants cherchent la solitude et vénèrent le silence, et, comme l’a si bien dit Paasilinna, dont le foyer est la forêt.

    Une question de Sisu

    Nous ne reviendrons pas sur le sisu, concept intrinsèquement finlandais… si ce n’est pour remarquer que depuis trois ans nous avons à Paris la chance de le voir à l’œuvre dès que Susanna Mälkki dirige l’Ensemble Intercontemporain car ne faut-il pas une abnégation toute finlandaise pour transcender avec une telle grâce les difficultés du répertoire contemporain ? De même nous retrouvons ce mystérieux alliage de sérieux, de précision et de rigueur qui semble être l’apanage des Finlandais chaque fois que Mälkki nous emmène, sans crier gare, vers des cimes vertigineuses, concert après concert…

    Et le finnois, évidemment

    Pour terminer, puisque nos interlocuteurs ont souvent lié leur finlanditude à leur rapport au finnois, nous ne pouvons résister au plaisir de citer le brillant linguiste Aurélien Sauvageot : “Il n’est donc pas étonnant que pour l’Européen d’Occident, l’acquisition de l’usage du finnois représente un énorme enrichissement intellectuel et esthétique. C’est une école de pensée très différente de celle que nous avons eu l’occasion de faire par le maniement de nos langues occidentales. A démêler le sens profond des phrases finnoises, nous découvrons une nature nouvelle, lourde de parfums qui sentent la terre, l’air et l’eau. Dans les vocables se reflètent des lumières et des sons jusque là inaperçus, des mouvements inobservés. On a l’impression qu’on a réussi à s’approcher un peu plus de l’ineffable qu’est la durée vitale” (in Esquisse de la langue finnoise, Librairie C.Klincksieck, 1949).

    Pour l’Institut finlandais, Bénédicte Villain Brulé

    Photo : Aymeric Warmé-Janville


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  • Susanna Mälkki, demandez le programme

    Posté par Susanna Mälkki le 20 mai 2008 à 08:25 | tags : Musique, Musique classique, Musique contemporaine, 100% finlande, Ensemble Inter Contemporain

    Susanna Mälkki, directrice musicale de l’Ensemble Inter-Contemporain, nous parle de la soirée de vendredi prochain que nous évoquions hier en même temps que l’alcoolisme de Jean Sibélius.

    Le grossier montage est de ma faute - 2goldfish"Ce programme est entièrement constitué d’œuvres du XXe siècle. La musique de Sibelius n’a pas été beaucoup jouée en France jusqu’à maintenant, et je suis heureuse d’avoir une possibilité de présenter une œuvre rare, car c’est surtout ce côté mystique de Sibelius qui me fascine et le Barde en est un très bon exemple. C’est une sorte d’appel de et à l’au-delà. Je vois cette musique comme hors du temps. La musique en général est, à mon avis, quelque chose qui traite des rapports avec le temps.

    Je suis aussi ravie de rencontrer Christine Schäfer qui est tout simplement magnifique - c’est elle qui avait créé la pièce de Reimann à l’origine. Cette œuvre est basée sur les poèmes d’Emily Dickinson.

    Bien entendu, avec Tod und Verklärung (Mort et Transfiguration) de Strauss nous sommes concrètement dans la thématique de la vie et de la mort : les derniers moments de la vie d’une personne malade confrontée à la mort. La peur de mourir, et à la fin la grande chorale qui correspond au moment où le mourant se laisse partir, au soulagement qu’il éprouve à l’idée de lâcher prise. C’est un moment très touchant.

    Ce sera un plaisir de rencontrer l’Orchestre Philharmonique de Radio France cette semaine pour la première fois.”


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  • Gagnez des places pour l’Histoire du Soldat !

    Posté par 2goldfish le 15 mai 2008 à 14:02 | tags : Musique, Musique classique, Musique contemporaine, Web, 100pour100finlande.fr, Ensemble Inter Contemporain

    L'afficheLundi prochain, le 19, l’Ensemble Inter-Contemporain dirigé par la finlandaise Susanna Mälkki (bientôt l’invité prestigieuse de cet humble blog) donnera l’Histoire du Soldat d’Igor Stravinsky. Elle a été composée pour sept instruments (violon, contrebasse, basson, cornet à pistons, trombone, clarinette et percussions) et trois acteurs (jouant le soldat, le diable et la princesse) qui récitent un texte inspiré de la vieille légende russe d’un soldat qui échange avec le diable son violon contre un livre magique, quitte son village puis est accablé par les regrets (pour faire simple, je ne vais bien sûr pas vous raconter tous les rebondissements).

    Ni ballet, ni opéra, ni autre chose de clairement défini, l’Histoire du Soldat est racontée par les trois acteurs qui ne chantent pas mais déclament plutôt leur texte, accompagnés par une musique en avance sur son temps qui abandonne nombre des conventions de la musique russe pour aller lorgner du côté du ragtime, du tango et du jazz dès 1918. Il faut dire que le russe Stravinsky était alors réfugié en Suisse pour cause de révolution dans son pays et il y a certainement un commentaire là dessus à trouver dans le livret de Charles-Ferdinand Ramuz. L’Ensemble donnera aussi Fragments pour un portrait, de Philippe Manoury, une suite inspirée des tableaux de Francis Bacon.

    100pour100finlande.fr est donc très heureux de vous annoncer que vous avez de très fortes chances de gagner deux places pour assister au concert de lundi soir à la Cité de la Musique en envoyant vos nom et prénom à contact ensembleinter.com. Mais ce n’est pas tout, si vous ne remportez pas les deux premières places, vous pouvez aussi en remporter... deux autres ! Et encore deux autres, et ainsi de suite jusqu’à ce que nous n’en ayons plus. Quand je vous dit que vous avez de grandes chances, je ne mens pas, j’estime juste très vaguement !

    Voilà, pour vous allécher encore un peu plus, voici u petit extrait de l’Histoire du Soldat conduite par Andrew Lyon :


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  • Magnus Lindberg aime les mélanges

    Posté par 2goldfish le 17 avril 2008 à 09:31 | tags : Musique, Musique contemporaine, Ensemble Inter Contemporain

    Magnus LindbergNé en 1958, Magnus Lindberg est d’une génération de compositeurs qui a du se débrouiller avec le lourd héritage d’un vingtième siècle où toutes les expérimentations ont été tentées et toutes les traditions rejetées. D’une certaine façon, ils étaient à l’avant-garde de la génération suivante qui a du grandir avec des parents soixante-huitards. J’imagine qu’il y a quelque chose à dire sur la façon dont l’artistique préfigure le social, chose que je laisserais à des esprits plus brillant.

    Quoiqu’il en soit le "truc" de Lindberg pour gérer cette situation post-tout, c’est (au début de sa carrière dans les années 1980 en tout cas) d’explorer en même temps toutes les voies ouvertes par ses pères et d’essayer de trouver un équilibre entre sérialisme, musique concrète, aléatoire, rythmes énergiques du rock et spontanéité du free jazz. Bon, OK, il n’a pas explorées TOUTES les voies : on entend par exemple assez peu de disco dans Kraft, la pièce maitresse de ses débuts, avec une partition d’un mètre de long et des harmonies à 70 notes à la fois (pas vraiment grand chose à voir avec les harmonies pour trois castrats des Bee Gees, donc).

    J’en vois au fond de la salle qui demande à entendre. Pour eux, voici donc les premières minutes de UR, pièce que Lindberg décrivait comme "une version musique de chambre" de Kraft ici jouée par l’Ensemble Inter Contemporain.

    Extrait de "UR" de Magnus Campbell

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  • Susanna Mälkki, une finlandaise à la tête de l’EIC

    Posté par 2goldfish le 11 mars 2008 à 17:14 | tags : Musique, Musique classique, Musique contemporaine, 100% finlande, Ensemble Inter Contemporain

    photo copyright Tanja AholaLa finlandaise Susanna Mälkki est la directrice musicale de l’Ensemble InterContemporain depuis 2006. Violoncelliste de formation, elle se consacre maintenant à la conduite d’orchestres aussi bien dans le répertoire lyrique ou symphonique que contemporain.

    Premier violoncelle de l’Orchestre Symphonique de Göteborg de 1995 à 1998, elle étudie la direction d’orchestres à l’Académie Sibélius d’Helsinki avec entre autres Jorma Panula. Elle a depuis conduit des orchestres un peu partout à travers l’Europe : Londres, Berlin, Stuttgart, Götteborg...

    Susanna Mälkki est particulièrement active dans le domaine de l’opéra contemporain, créant notamment le réputé "Powder Her Face" de Thomas Adès à Helsinki en 1999 et Neither de Morton Feldman en 2004 à Copenhague.

    Le 23 mai elle conduira l’orchestre de Radio France à la salle Pleyel dans une soirée mêlant Strauss, Sibélius et Aribert Reimann.


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