Posté par 2goldfish le 22 avril 2008 à 18:46 | tags : Culture, Design
Dans cent ans, quand on se retournera vers le XXIème siècle à la recherche de quelques icônes et symboles fort qui définissent le zeitgeist, se retournera-t-on vers les sites en flash les mieux conçus, les vidéos Youtube les plus vues ou les chansons produites par Timbaland ? Difficile de prévoir ce qui s’avérera aussi significatif que l’affiche publicitaire a pu l’être pour le vingtième siècle. Dans leur design et leur messages elles nous disent presque tout ce qu’on a besoin de savoir sur le siècle de la société de consommation.
Vous pourriez donc trouver pire comme point de départ d’une exploration de la psyché finlandaise que "Cap Sur la Finlande", un livre consacré aux affiches attrapes touristes de la Finlande de 1851 à 1965. En même temps qu’elle se trouvait une identité propre, la Finlande s’est construit une image, insistant plus ou moins selon les époques sur ses lacs, ses saumons, son architecture ou son domaine skiable.
En attendant le livre et/ou en attendant l’exposition consacrée à cent ans d’’affiche finlandaise au Musée de la Publicité, jetez donc un œil à la présentation en ligne des affiches, elles sont belles et il y a une jolie ambiance sonore sur le site, qui sans doute en dira long aux historiens du XXIIème siècle sur l’image de la Finlande d’aujourd’hui.
Posté par Institut Finlandais le 18 avril 2008 à 12:00 | tags : Culture, Finnois, De la finlanditude
Après le colloque couronné de succès qu’elle vient d’organiser à l’Institut finlandais, Eva Havu, linguiste et enseignante polyglotte, nous avoue que la finlanditude est peut-être un lac, prolongeant ainsi ses réflexions au sujet des stratégies d’adresse en finnois et en français…

“La Finlande, ce n’est pas le pays du bonheur mais c’est celui du repos. C’est la possibilité d’être asocial, de ne pas être tout le temps en compagnie. C’est le calme et le silence… Au bord d’un lac, en été, on n’entend personne, on ne voit personne. Quand le soir tombe, sur la terrasse du sauna, observer le lac et ne rien entendre d’autre… Je pourrais vivre en été comme ça, pendant des jours, sans voir personne ni aller nulle part : travailler calmement, se baigner de temps en temps, aller au sauna et se coucher de bonne heure. C’est cela mon côté finlandais et c’est ça la Finlande que j’adore. Mon identité est peut-être un rêve ou une illusion mais c’est aussi l’attente d’un été au bord d’un lac, cette possibilité de repos total, entourée de nature, que je n’ai trouvée nulle part ailleurs. Le charme du finnois, c’est son expressivité, la possibilité de s’exprimer de mille manières différentes, d’inventer… On invente des mots et l’on se comprend…”
Pour en savoir plus, assistez à la deuxième journée en linguistique finno-ougrienne ! Vendredi 18 avril, de 9 h à 17 h CIEH, 1 rue Censier
Posté par flyer le 17 avril 2008 à 12:46 | tags : Culture
Emmi, 24 ans, est née à Turku, sud-ouest de la Finlande, et a déménagé en France à l’âge de 3 ans.
100% Finlande : Quel est ton souvenir de la Finlande ?
Emmi : Honnêtement je ne me souviens pas de Turku. Je suis allée à Helsinki un week end, mais malheureusement je n’ai pas beaucoup visité la ville… excepté les magasins. C’était en hiver et je me souviendrai toujours que, dans la rue, il y a d’immenses panneaux d’affichage qui indiquent la température, c’est assez inédit !
Les fêtes de famille à la Finlandaise, c’est comment ?
Même en France, ma famille a toujours fêté Noël « à la finlandaise ». C’est avant tout un état d’esprit... Il y a des traditions qui paraissent kitsch mais qui se transmettent !
Quelques jours avant le 24, on met des poissentias dans la maison (des fleurs qui fleurissent en hiver), on fait la couronne de Noël nous même et on ne dresse pas le sapin avant le 24 dans la journée. Puis on prépare des pullas, une pâtisserie typique : ce sont des roulés à la cardamome, à la cannelle et au sucre. Un vrai délice ! Ma tante m’a appris à les faire… Je l’ai toujours vue en faire en fait. Je devais avoir huit ans quand j’ai commencé à l’aider. On mange aussi les plats habituels : du jambon cuit, des topinambours, du saumon à toutes les sauces, des œufs de poissons, de la soupe aux pois (Hernekeitto)… je suis sure que j’en oublie.
le sauna c’est un moment vraiment relaxant et paisible… super kiffant !
Plutôt hareng fumé dans l’assiette ou peau fumée au sauna ?
Si tu me parles de hareng fumé je te dirais que je suis une grosse fan des rollmops et de plein de trucs du genre crème de poisson… Mais d’un autre côté le sauna c’est un moment vraiment relaxant et paisible… super kiffant ! Impossible de choisir entre les deux !
Alors après le sauna… tu as sauté dans l’eau congelée ou pas ?
Moi non ! Par contre j’ai une anecdote à ce sujet : mon oncle, Français, était en voyage là-bas et il a fait un sauna avec des Finlandais. En sortant du sauna, ils lui ont indiqué le bassin d’eau congelée et ils lui ont dit : "Allez maintenant tu plonges là-dedans !". Pour ne pas avoir l’air d’un idiot, et pensant respecter les us et coutumes, il plonge dedans. Les autres ne l’ont pas suivi et ont tous bien ri de lui !
Posté par Institut Finlandais le 14 avril 2008 à 08:01 | tags : 100% finlande, Culture, De la finlanditude
Au cours de l’enthousiasmant colloque “Langue et identité finnoises” de l’Institut finlandais, Satu Kyösola (École Supérieure des Arts et du Design, Helsinki) nous plonge dans de nouveaux affres d’incertitude : et si l’identité nationale était plus un rêve ou une aspiration qu’une réalité ? Je l’interpelle ensuite sur sa finlanditude et c’est en français qu’elle commence par raconter la plaisanterie de l’éléphant...
“Vous connaissez cette plaisanterie : un Américain, un Français et un Finlandais voient un éléphant. L’Américain en voyant l’animal dit : “Tiens donc, comment est-ce que je vais pouvoir en profiter au maximum ? Je vais gagner de l’argent ! Je vais le vendre !”. Le Français, un esthète, se dit : “Je vais peindre cet animal magnifique, philosophique…” Et le Finlandais, en voyant l’éléphant, se pose la question : “Qu’est-ce qu’il pense de moi ?”
Je pense que je suis finlandaise d’abord parce que je suis assez peu sûre de moi-même. De ce point de vue-là, j’aimerais être plus américaine et plus française… pour mieux profiter de la vie. Mais en même temps, quand on est un peu inquiet par rapport à sa propre personne, un peu réservé, un peu à l’écart, je pense que l’on a aussi une position d’observateur, qui me permet de m’approcher de beaucoup de gens et d’être ouverte aux influences que je rencontre et qui me croisent. C’est une espèce de position un peu limitrophe : on parle souvent de cette position géographique entre l’Ouest et l’Est. Je crois que c’est très vrai : on est un peu à cheval entre les deux et on s’arrange en fonction des situations politiques, historiques ou économiques pour se situer d’un côté ou de l’autre.
On parle de ce sisu finlandais, qui est vrai, mais en même temps je crois que nous sommes un peu virevoltants… On nous l’a pardonné en général… pour des raisons historiques. Mais c’est peut-être une espèce de stratégie de survie, un constant besoin de s’adapter aux autres. C’est usant mais on est aussi capable d’assimiler et d’accueillir en soi les différences qui nous viennent de l’étranger.
Posté par 2goldfish le 9 avril 2008 à 15:13 | tags : Culture, Finnois
Aujourd’hui 9 avril, c’est la journée du finnois en Finlande. La date coïncide avec celle de la mort de Mikael Agricola en 1557 et celle de la naissance d’Elias Lönnrot en 1802. Le premier était un évêque luthérien qui a pour ainsi dire inventé la langue finnoise, ou en tout cas a défini ses règles écrites pour la première fois. Le second a collecté les chants traditionnels finlandais au XIXème siècle dans le Kalevala et fait beaucoup pour l’identité finlandaise et l’établissement du finnois comme langue de roman.
Pour une langue très peu parlée en dehors de son pays d’origine, le finnois se porte plutôt bien. On l’enseigne peu à l’étranger (en f France, l’Institut Finlandais à Paris dispense des cours) mais, eux même souvent trilingues, les finlandais semblent moins craindre l’extinction que nous autres français qui souvent chassons l’anglais partout où il se glisse, rolant parfois la paranoïa.
Et ce mot du jour alors ? Juhla signifie "fête". C’est un truc que les finlandais savent faire puisqu’ils ont des journées pour tout, pas seulement pour quelques dates historiques , fêtes religieuses et causes peu festives comme la lutte contre le tabac. Non, en finlande il y a des julha pour Agricola et le finnois, mais aussi pour tout un tas d’auteurs et artistes nationaux. Ne serait-ce pas merveilleux si nous avions des journées Balzac ou Maupassant en plus des sempiternels anniversaires de la mort de Claude François ? Je me demande à quoi une Juhla sur le thème de Proust ressemblerait (des vendeurs de madeleine sur le bord des routes ? des parasols en forme de jeunes filles en fleur ?).
Posté par 2goldfish le 4 avril 2008 à 12:22 | tags : Web, 100% finlande, Culture
Vous avez vous aussi aimé la soirée théma finlandaise d’Arte hier soir ? Vous avez aussi trouvé qu’elle passait un peu trop tard ? Sur le site Arte+7 vous pouvez retrouver les documentaires "Sauna, les finlandais l’aiment chaud" et "Un Finlandais, un vrai" pendant sept jours à partir de leur diffusion.
Il y a aussi cette bonne vieille rediffusion sur ce bon vieil écran de télé. Pour le sauna ce sera le 06 avril à 13:00, le 13 à 01:55 et le 17 à 05:00. Pour le vrai finlandais, le 8 à 16H20 sera votre seule chance.
Avec tout ça, vous n’avez plus aucune excuse de ne pas avoir vu cette théma.
Posté par 2goldfish le 3 avril 2008 à 11:55 | tags : Cinéma, 100% finlande, Culture
Ce soir sur Arte à 22H25 une théma consacrée au "charme discret des finlandais" à ne pas manquer si vous prétendez à la finnophilie. Il y aura bien sur le documentaire consacré au sauna dont nous vous parlions l’autre jour avec un petit podcast et qui cartonnera certainement à l’audimat (les gens nus à la télé attirent toujours le spectateur).
A 23H25 "Un Finlandais, Un Vrai" se penche sur la masculinité à la finlandaise. L’homme finlandais sait souffrir en silence, comme beaucoup d’autre à travers le monde, mais il sait aussi s’amuser en silence, faire du sport, danser ou boire en silence. Mais comment Nokia a donc pu réussir à vendre tant de mobiles à un peuple qui ne parle jamais ?
A 23H55, "Au loin s’en vont les nuages" d’Aki Kaurismaki, un film de 1996 dans lequel un homme finlandais laconique (forcément) perd son travail alors qu’il vient de contracter un emprunt. Evidement, c’est une comédie.
Passé cet intermède télévisé, la Finlande, c’est ici et surtout près de chez vous dans toute la France.
Posté par Sébastien Lecordier le 1er avril 2008 à 08:40 | tags : 100pour100finlande.fr, Culture
Et oui, dans cet espace sombre et fermé qu’est le Sauna (prononcez "Saona") chacun fait ce qui lui plaît et pratique le Saona, art ancestral, comme bon lui semble.
Seul ou en groupe, en famille ou entre amis, à la campagne comme à la ville, l’été ou l’hiver, il n’y a aucune règle pour pratiquer le Sauna. Certaines y vont pour enterrer leur vie de jeune fille, d’autres pour enfanter, même si cette dernière tradition disparait avec le temps, ou encore avant les agapes de Noël, avec papa et maman, grand-père et grand-mère. Parfois les hommes se flagellent, tendrement rassurez-vous, pour rasséréner la peau. On y rigole, on y parle, et parfois même, comme ce fut le cas pendant la guerre froide, on y palabre pour régler des conflits diplomatiques. Mais surtout, la nudité ramène tout le monde, le prolo comme l’aristo, à sa condition d’Ecce Homo.
Et, comme nous l’explique dans l’interview ci-dessous, Maurelita, une finlandaise vivant en France, le Sauna est un lieu de partage, un moment de détente, où l’on se retrouve avec les siens, autour du Sauna, et autour d’une bière.
Le 3 avril à 22h25 : Sauna – Les Finlandais l’aiment chaud
de Nina Stenros et Anu Valve (documentaire, 2007, 52’, coproduction ARTE/YLE)
Posté par 2goldfish le 27 mars 2008 à 16:32 | tags : Musique, Web, Culture, Jazz

pHinnweb, c’est le site de la culture électro en Finlande. Vous y trouverez tout de la préhistoire de la musique éléctronique dans les années 1960 à un index ultra complet des musiciens underground finlandais. Underground est d’ailleurs le mot clé ici puisque le site à au fil des années élargi son champ d’action pour incorporer tous les pans de la culture sous-terraine finlandaise, des artistes vidéo à tous les types bizarres qui font des choses étranges.
Le site est un véritable portail sur tout un pan de la culture finlandaise qu’on ne retrouve pas forcément ailleurs et je ne saurais trop vous recommander de vous y promener au hasard, vous tomberez forcément sur des choses étonnantes. Tenez, par exemple, je viens d’y découvrir que Jimi Tenor est finlandais. Jimi Tenor est un artiste de musique éléctronique touche à tout et totalement atypique dont voici un morceau... encore plus atypique :
Jimi Tenor – Moon GoddessIl faut absolument qu’on revienne sur Jimi Tenor bientôt.
Posté par le 23 mars 2008 à 11:22 | tags : Culture
Aujourd’hui c’est Pâques, jour de fête en l’honneur de la résurection du Christ, mais c’est aussi une fête pour le retour des beaux jours. En France, on se retrouve en famille et les enfants parcourent le jardin, un panier à la main, pour y ramasser les œufs déposés par les cloches ou le lapin de pâques.
En Finlande, c’est une toute autre histoire : ils ont déjà commencés les préparatifs pour Pâques depuis longtemps, plantant des graines de seigle et en ramenant des branches de saule dans les maisons, en les décorant de tulipes et de jonquilles, en peignant des oeufs décoratifs....
Le dimanche des rameaux, une semaine avant pâques, les enfants se déguisent en vieille femme ou en sorcière et, armés des branches de saules qu’ils ont décorées, ils vont sonner aux portes des voisins et leur chantent une petite bénédiction qui leur vaut généralement d’être récompensés par des bonbons ou des chocolats. Un peu comme Halloween, donc, sauf que ça n’enverra personne bruler pour l’éternité dans les flammes de l’enfer.
Tout ça rend notre petite collecte d’œufs en chocolat bien minable en comparaison, mais je ne vous ai même pas encore dit le mieux : le vendredi saint est férié, le dimanche aussi (pour tout le monde) de même que le lundi de Pâques. Ceux qui peuvent ne pas travailler le samedi ont quatre jours de repos pour eux ! J’échangerais bien tout mes chocolats contre ça, moi.