Posté par 2goldfish le 3 juin 2008 à 09:55 | tags : 100% finlande, Art plastique, Design
En même temps que Promenons Nous Dans Les Bois qui est consacré au design finlandais, le Musée des Arts Décoratifs expose cent ans d’affiche 100% finlandaise dans son Musée de la Publicité jusqu’au 26 octobre.
Les créateurs les plus récemment primés y côtoient un siècle d’histoire de l’art qui commence Nouveau, devient Déco puis Néomoderniste et ainsi de suite jusqu’au nom, quel qu’il soit, qu’on lui donne aujourd’hui (ça se dit, "post-post-moderne" ?).
Attention : Il y a de grande chance que vous ressortiez de l’exposition avec une furieuse envie de chausser vos skis pour aller donner à l’UNICEF en fumant cigarette sur cigarette ou que vous vous retrouviez perdu dans un supermarché à la recherche d’une marque de lessive finlandaise bien spécifique. Ce sont les affiches les plus efficaces qui sont présentée et vous auriez tort de sous estimer leur pouvoir sur vous. Jugez un peu :
Posté par 2goldfish le 23 mai 2008 à 14:45 | tags : 100% finlande, Art plastique, Environnement
A partir de lundi et pour quinze jours, le festival finalndais Amorph ! prend résidence en France. Quatre artistes français et quatre artistes finlandais qui ne se connaissent pas se verront, deux par deux, assigner un bout d’espace public et devrons en faire... quelque chose !
Ca n’a pas l’air de grand chose dit comme ça, je le sais, mais je ne peux pas deviner ce qu’ils n’ont même pas encore décidé de faire. Ce dont je peux vous parler, par contre, c’est des travaux antérieurs des artistes. Mimosa Palen, par exemple, est un très bon début puisque celle qui fera la paire avec Viviana Moin à Mains d’Oeuvre à Saint Ouen est devenu célèbre grâce à "l’origine du monde", si vous me permettez ce doux euphémisme.
Dans un geste qui se voulait à la fois écolo et féministe, elle a construit le pousse-pousse (moyen de locomotion urbain non polluant) à la forme si singulière que vous ne voyez pas sur cette photo (mais que vous pouvez voir nettement ici si vous n’êtes pas au travail ou si votre entourage professionnel est "permissif"). Mimosa Palen voulait en promenant les habitants d’Helsinki dans son pousse pousse de deux mètres cinquante de haut protester contre la domination des symboles phalliques dans la société.
D’habitude je terminerais ce billet par une blague ou un jeu de mot et j’en ai bien que me viennent à l’esprit mais, j’en suis désolé, aucun n’est très élégant. J’ai déjà eu bien du mal avec le titre, pour tout vous dire.
Posté par 2goldfish le 16 mai 2008 à 18:21 | tags : 100% finlande, Art plastique
Ce titre racoleur façon Nouveau Détective me sert à annoncer que du 17 mai jusqu’au 1er juillet, le MAC/VAL à Vitry Sur Seine accueille une installation de Pirjetta Brander. Cette artiste, comme on peut le voir sur son site web ou juste dans le dessin reproduit à droite, est quelque peu obsédée par le sang et les vaisseaux sanguins. Ce n’est pas particulièrement appétissant, bien sûr, mais ce n’est pas le but, s’il m’est permis de présumer d’une telle chose, je dirais plutôt qu’il y a là une réflexion sur la famille, les liens du sang et les rapports humains en général.
L’installation à Vitry consiste en un ensemble de maisons rouges et noires reliées ensemble par un réseau de vinyle rouge (il n’y a pas de vrai sang dans l’expo, rassurez vous). Il s’agit d’une étude des relations de pouvoir et de la hiérarchie familiale et sociale ; Le message devrait plutôt bien passer dans le premier musée d’art contemporain en banlieue parisienne, où on est est plutôt habitué à des réseaux sociaux complexes.
Excusez moi, écrire ce billet m’a un peu soulevé le coeur. Je me sens bizarre. J’imagine que c’est un testament à la puissance de l’oeuvre. Ou au fait que je suis un faible.
Posté par 2goldfish le 19 avril 2008 à 15:10 | tags : Architecture, 100% finlande, Art plastique, Marché finlandais
Sur le marché finlandais se trouve une boite. Elle est en bois, fait à peu près deux mètres de haut et change régulièrement de couleur. Elle est repeinte tous les deux ou trois jours par les tagueurs de Parasit3. Parasit3 est une galerie d’art à Helsinki qui a été invitée à organiser à Paris l’événement "Sacre Blö".
si à Helsinki on tolère peu le street art dans la rue, il cartonne dans les galeries
J’ai pu discuter un peu avec eux hier soir alors qu’ils étaient venu repeindre leur boîte et ces charmants jeunes hommes m’ont tout expliqué : ils sont artistes, designers ou architectes et ils vont un peu partout dans Paris produire des œuvres éphémères mêlant toutes ces disciplines. Le street art est encore tout nouveau à Helsinki (la première expo a eu lieu en 2004) et pas vraiment présent dans les rues comme à Paris, me raconte Olli Hanhirova, architecte et galiériste en chef de la bande. A l’inverse, pour lui la différence principale entre les deux villes était que si à Helsinki on tolère peu le street art dans la rue, il cartonne dans les galeries.
A Helsinki il est très facile pour un jeune d’ouvrir sa galerie, de faire quelque chose de nouveau et d’avoir du succès. "Pas comme à Paris", m’a dit Olli "où avec toute cette Grande et Vieille Culture parfois si..." et là il a englobé d’un grand geste l’Eglise Saint Sulpice, la statue de Bossuet sur la fontaine et tout le quartier avant de trouver le mot qu’il cherchait : "conservatrice".
Vos pouvez voir quelques photos de la boîte dans divers états dans l’album Flickr du marché finlandais.
Posté par 2goldfish le 18 avril 2008 à 13:47 | tags : Gastronomie, 100pour100finlande.fr, Art plastique, Photographie, Marché finlandais
Ca y est, j’y suis ! Le marché finlandais à Saint Sulpice m’a accueilli les bras ouverts avec des odeurs exotiques, des produits colorés, (presque) du bleu dans le ciel et beaucoup de finnois dans l’air... et d’anglais, on est bien sur un marché parisien après tout.
Je me suis promené et j’ai pris quelques photos, que vous pourrez retrouver en direct sur le compte Flickr de l’amie du blog Annika.
J’ai eu l’occasion de goûter des rillettes de rennes pour la première fois de ma vie (les seules rilletes de rennes que j’avais jamais mangées auparavant étaient en fait des rillettes rennaises) et notre ami Rudolph a un gout fort et pas déplaisant mais pas aussi prononcé que le hareng de la baltique, fier poisson qui jusque sur son petit pain croquant part littéralement à l’attaque de votre palais. Il y avait un tas d’autres choses sur le stand d’Eat & Joy, des restaurateurs decidés à mettre en valeur les traditions culinaires finlandaises en les emmenant à la rencontre du design, de la mode et du reste de la culture en général. Si vous cherchez un restau "créatif" à Helsinki, visitez donc leur stand ou leur site. Les participants au concours de cuisine pourraient prendre des notes.
J’ai aussi eu l’occasion de voir les acteurs de la troupe Quo Vadis sortir de leur yourte/chapiteau pour installer leurs affiches, ils joueron ce soir et demain à 18 heure puis à 20 heure les soirs suivant, ils semblent jouer dans une cage en métal semblable à celle des motards de fêtes foraine. Le spectacle promet d’être intriguant mais ps autant que cette grosse boite jaune fluo. Il y avait écrit "Sacre Blö" dessus. Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ?
Posté par Blomki le 3 avril 2008 à 10:11 | tags : Personnalité, Art plastique
Kaarina Kaikkonen est dans son élément, ce 27 mars, veille de l’inauguration de l’exposition que l’ESPAL du Mans lui consacre. Comme une gamine, elle court d’un bout à l’autre de l’esplanade que surplombe sa nouvelle installation in situ : trois fils tendus entre les trois tours austères qui font face au centre culturel. Une sculpture faite de vêtements usagés qui balancent leurs couleurs et textures au vent de mars, fragments d’histoires de seconde main gonflés par la bise qui leur insuffle une deuxième vie, si ce n’est plus. Issus des quatre coins du monde, les habitants de ce quartier populaire en ont la berlue, s’étonnent devant cette aberration (« état d’une image qui s’écarte de la réalité » au sens optique et premier du terme) qui flotte au dessus de leurs têtes, chimère à « n dimensions » : autant qu’il y aura de regards pour la contempler sous toutes ses coutures .

Kaarina Kaikkonen revient du pays des morts. Son œuvre plastique s’est élaborée comme un deuil, en franchissant le Styx. Au départ, l’artiste ne travaillait qu’avec des effets masculins, rémanences d’un père trop vite disparu, dont elle démultipliait l’image en recouvrant toiles et espaces (souvent monumentaux) avec des étoffes sombres ou blanches traitées comme des linceuls dans des compositions morbides, que l’on peut voir sur les clichés exposés à l’intérieur de l’ESPAL. La disparition de sa mère va libérer un désir plus solaire. L’« arte povera » de Kaarina se fait alors plus hospitalier. Ce n’est plus l’image du père qu’elle projette à travers ses installations, dans le monde, c’est celui-ci qui s’y engouffre désormais tout entier en un poème humble et lumineux.
Posté par 2goldfish le 30 mars 2008 à 15:41 | tags : 100% finlande, Art plastique

Kaarina Kaikkonen collectionne les vêtements. Pas comme vous et moi pouvons le faire cependant. Nous, c’est pour les porter, elle, c’est pour les exposer (enfin, j’imagine qu’elle a une garde robe personnelle aussi, je suis certain que si elle était nudiste je l’aurais lu quelque part). Ca aurait commencé avec les vêtements de ses proches qu’elle gardait comme des souvenirs. C’est intime un vêtement. Fut-elle choisie avec soin par un manique du look ou achetée en gros par un économe peu soucieux des apparences, c’est une chose qui en dit beaucoup sur son propriétaire.
Or donc Kaarina Kaikkonen a collecté les vêtements des manceaux depuis quelques semaines pour une installation monumentale à l’ESPAL du Mans. Des vêtements suspendus entre les tours qui surplombent l’ESPAL, comme autant de corde à linge pleines de souvenir.
Le site de l’ESPAL propose un diaporama qui donne une bonne idée de l’ampleur du projet, à la fois impressionnant et très simple. Ce n’est pas tout cependant, d’autres œuvres de Kaarina Kaikkonen sont aussi exposées à l’intérieur jusqu’au 25 juin, ce qui vous laisse largement le temps d’aller faire un tour dans la capitale de la rillette.
Posté par 2goldfish le 10 mars 2008 à 10:17 | tags : Politique, Peinture, Art plastique, Photographie, Art numérique

Teemu Mäki est un artiste aux talents multiples qu’il exprime aussi bien par la peinture que la photo, la vidéo ou le texte. Il a réalisé des installations, écrit des pièces de théâtre, dessiné les décors de différents spectacles, publié des essais...
Le travail de Mäki est très politisé et provocateur. Il est pour la prostitution et n’aime pas beaucoup le christianisme ni l’économie de marché, entre autres choses. Il s’est fait connaitre en 1988 avec sa vidéo "Sex & Death" dans laquelle il se filmait tuant un chat à la hache puis se masturbant, ce qui lui a valu quelques problèmes avec la SPA finlandaise et pas mal d’autres gens. Réalisée au tout début de sa carrière, cette vidéo n’est peut-être pas la plus subtile qu’il ait faite mais en matière d’introduction au monde, on peut dire qu’elle se pose là.
Mâki a été fait docteur en art par l’Académie des Arts finlandaise en 2005. Pour lui, l’art est la plus flexible, la plus versatile et exhaustive forme de philosophie et de politique. Avant d’aller jeter un œil au site Teemumäki.com vous feriez bien de vérifier que votre patron ou l’un de vos collègue ne regarde pas par dessus votre épaule. Vérifiez aussi que vous avez bien plus de dix-huit ans, sait-on jamais.
Posté par 2goldfish le 5 mars 2008 à 20:37 | tags : 100% finlande, Personnalité, Art plastique, Design

Harri Koskinen, l’un des designers présentés dans l’expo "Promenons Nous Dans le Bois" aux Arts Décoratifs à Paris, est un spécialiste du verre... Du moins il l’utilise beaucoup, comme pour son étonnante "block lamp" qui a fait son succès et sa renommée à ses débuts en 1996.
Sauf que, bien qu’il utilise effectivement beaucoup le verre, Koskinen n’a pas de spécialité : il crée des meubles, des ustensiles de cuisine, des bouteilles et toutes sortes d’autres choses que vous pouvez découvrir sur son site officiel. Il utilise tous les matériaux en plus du verre : l’unité dans sa création est plus à rechercher dans une quête de la simplicité dans la grande tradition du design finlandais, de Tapio Wirkkala et Alvar Aalto.
Koskinen l’explique mieux lui même :"Les Grands designers et artistes sont toujours des individus. En Scandinavie nous sommes généralement élevés avec suffisamment d’espace mental pour explorer notre individualité mais dans le même temps garder à l’esprit que nous avons le devoir de rendre à la société. Je crois que cette dualité a été l’une des forces directrices derrière le meilleur du design scandinave et le sera encore dans le futur."
Quelques exemples de son travail :




Posté par 2goldfish le 29 février 2008 à 10:37 | tags : Société, Art plastique, Culture
L’autre jour lorsque nous regardions la vidéo de YMCA en finnois, nombre d’entre nous ont du ressentir le familier élan patriotique que nous inspire la connaissance de l’origine française de ce tube. Les plus fins connaisseurs des Village People savaient eux que si la musique a des racines françaises, le concept des Village People a lui ses origines en Finlande dans le travail de Tom Laaksonen, plus connu comme Tom Of Finland.
Après des études d’art et une guerre mondiale, le jeune Tom a été embauché comme illustrateur dans une agence de publicité mais en 1957 il commence un petit travail à côté : il envoie des dessins d’hommes virils et musculeux à un magazine de bodybuilding américain sous le pseudonyme Tom Of Finland.
Ses dessins gagneront en popularité (et en érotisme) avec les années, faisant de Tom une figure culte dans la communauté homosexuelle. Inspiré de dessins de travailleurs finlandais qu’il collectionnait enfant, il crée une nouvelle image de l’homosexualité : virile, musclée, "sévèrement burnée",souvent moustachue et en uniforme (vous savez : le policier, l’ouvrier du bâtiment, le pompier, le motard, etc...).
Le pont qu’il construit va dans les deux sens : s’il contribue à la construction d’une image de l’homosexualité plus virile, masculine, on peut dire qu’il change aussi l’idée de masculinité dans l’inconscient collectif.