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  • Foin de l’étiquette, au travail !

    Posté par Institut Finlandais le 13 mai 2008 à 16:41 | tags : Musique, Multimédia, 100% finlande, Printemps (im)médiat !, De la finlanditude

    Sous une canicule estivale, le Printemps (Im)médiat ! de l’Institut finlandais n’en finit pas de nous surprendre. Tandis que dans l’auditorium, des flux d’électrons s’épanouissent sur grand écran, la grande salle accueille l’installation vidéo des chœurs de lamentations inventés par Tellervo Kalleinen et Oliver Kochta-Kalleinen. Mercredi 7 avril, au cours du vernissage, Tellervo Kalleinen a participé à notre grande enquête (qu’est-ce que la finlanditude ?)… sans se plaindre !

    Le choeur des lamentations"Je ne pense pas être consciente de tous les aspects de ma finlanditude ni même de ce que ça veut dire de se sentir finlandaise. Je ne connais rien d’autre que d’être finlandaise. Bien sûr, puisque nous vivons à l’ère de la mondialisation et que je voyage beaucoup, je me demande parfois si ma façon de réagir à certaines situations est différente de celles des gens qui sont d’une autre origine : est-ce que je réagis comme ça juste parce que je suis finlandaise ou bien… ?

    D’après moi, ce qui est très finlandais, ou peut-être est-ce très protestant…, c’est l’attitude par rapport au travail. Je crois que les Finlandais s’identifient beaucoup à leur travail. En Finlande, la valeur dépend beaucoup du travail que l’on a, si on le fait bien… et il faut travailler dur. J’essaye personnellement de dépasser cela et d’avoir une opinion de moi-même en dehors du monde du travail, en dehors de mon travail. C’est un processus, j’en suis très consciente…

    Tellervo Kalleinen, photo extraite de son site webLes Finlandais ne s’embarrassent guère des convenances protocolaires, de la politesse formelle. Je dois faire face à cela quand je suis à l’étranger. Je ne connais pas les règles de l’étiquette. J’apprécie le fait d’être honnêtement ce que l’on est mais cela peut être difficile de se rendre compte dans certaines situations que l’on ne sait tout simplement pas comment se comporter…

    Le droit de se taire, c’est un vrai cliché au sujet des Finlandais. Evidemment chacun a son propre rapport à la parole mais je l’admets : je rentre tout à fait dans ce stéréotype ! C’est dur de toujours parler quand on ne sait pas quoi dire ! Et donc, c’est mieux d’avoir le droit de faire une pause !

    Certaines des plaintes que nous avons recueillies à Helsinki étaient typiquement finlandaises, mais chaque pays avait des plaintes spécifiques et certaines plaintes sont universelles. Le chœur d’Helsinki n’a pas dérogé à ces règles. Ce qui était typiquement finlandais dans cette expérience, c’était le fait que la chanson des Finlandais était très compliquée… Oliver et moi pensions même qu’elle était trop compliquée. Notre idée de départ, c’est que la chanson doit être simple de façon à ce que tout le monde puisse l’apprendre et s’amuser. Personne ne devrait abandonner en pensant que c’est trop compliqué pour eux. En Finlande, les gens pensaient que non, il fallait le faire, il fallait qu’ils apprennent. C’est leur sisu qui parlait, ils étaient têtus. Ils ont travaillé tellement dur… ils enregistraient les répétitions sur leur téléphones portables et ils travaillaient chez eux !"


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  • "Le futur n’est plus ce qu’il était."

    Posté par 2goldfish le 6 mai 2008 à 17:55 | tags : Musique, Musique contemporaine, Multimédia, 100% finlande, Technologie, Printemps (im)médiat !, Art numérique

    Erkki KurenniemiCe titre est celui du documentaire consacré à Erkki Kurenniemi par Mika Taanila et qui sera projeté à l’institut finlandais les 7 et 10 mai dans le cadre de "Stream Of Electrons" ("Un Flux d’Electrons"), un cycle consacré à l’art vidéo finlandais.

    Erkki Kurenniemi est un pionnier de la musique électronique mondiale. Au début des années 1960, il a bâti un studio pour le département musicologie de l’Université d’Helsinki et s’en est dès lors servi comme laboratoire pour ses expérimentations de savant fou : ses synthétiseurs DIMI créent de la musique et des images à partir des mouvement d’un corps, de la chaleur d’une peau, d’un électroencéphalogramme...

    Le DIMI-BKurenniemi n’est bien sûr pas qu’un technicien : c’est un véritable créateur qui s’est donné des moyens techniques sophistiqués pour pratiquer son art... C’est surtout un artiste qui a integré la technique et la technologie dans sa démarche. Après avoir quitté le studio qu’il avait fondé, il a travaillé pour diverses entreprises, créant des synthétiseurs (la série des "DIMI"), des ordinateurs (en particulier le tout premier ordinateur commercial du monde), travaillant sur l’intelligence artificielle et concevant des automates pour Nokia. Chemin faisant il n’a jamais laissé tomber le création musicale et vidéo, indissociable du reste pour lui. L’histoire ne dit pas s’il pratique la danse du robot mais ça ne m’étonnerait pas qu’il en soit un virtuose.

    Une de ses première pièces s’intitulait "On/Off" et était un morceau improvisé basé sur l’idée qu’un jour tout ce dont les compositeurs auraient besoin sur leurs machines serait un interrupteur du même nom. Heureusement, ils ne font pas tous que ça, mais la vision de Kurenniemi était évidemment prophétique.


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  • De la finlanditude

    Posté par Institut Finlandais le 31 mars 2008 à 21:31 | tags : Finnois, Printemps (im)médiat !, Art numérique, De la finlanditude

    Pour moi, la langue a ses racines dans le paysage et la culture

    Mercredi 26 avril, Institut finlandais.

    Qu’est-ce que c’est donc que d’être finlandais ? Pour répondre à cette question, ce blog donne la parole aux artistes invités par l’Institut finlandais...

    Tandis que la fête bat son plein à l’Institut finlandais, où l’on célèbre avec faste le début du Printemps (im)médiat !, je séquestre brièvement notre première artiste invitée pour l’ interroger à brûle-pourpoint sur sa finlanditude ou, comme on dit chez les savants, sa fennitude. Terike Haapoja, qui, via son installation flottante Communauté, offre aux spectateurs l’occasion d’observer - littéralement - le temps s’écouler, me répond en finnois et en anglais.

    Terike Haapoja :
    La langue bien sûr est très importante, car c’est une manière de penser, et les mots sont intimement liés à l’expérience du paysage. En Finlande, beaucoup de gens sont originaires de la campagne qu’ils sont obligés de quitter pour aller travailler en ville, et j’ai moi aussi cette relation forte à la nature… c’est un cliché certes mais c’est vrai ! J’ai grandi dans la forêt, c’est, indirectement, un point de départ important pour mon travail. Je crois que mes œuvres, même si j’utilise beaucoup la technologie, sont d’essence forestière... environnementale… Je ne crois pas, cependant, que nos trésors nationaux soient importants ni essentiels.

    Aimez-vous la langue finnoise ?

    Terike Haapoja :
    Je ne pense pas au langage en termes esthétiques…

    Mais pratiquement ? Le finnois est non seulement une langue efficace, c’est également une langue magnifique…

    Terike Haapoja :
    C’est vous qui le dîtes ! C’est juste une manière de penser, je ne l’aime pas en tant que telle…
    Si l’on veut travailler dans le domaine de l’art, de manière internationale, on subit tout le temps la pression de devoir parler anglais. C’est comme si le langage n’avait aucune importance. Pour moi, la langue a ses racines dans le paysage et la culture, c’est important de garder cette relation et je ne crois pas que l’art soit international. L’art qui n’est que transparent… conceptuel… international, est en fait, d’après moi, assez… merdique !

    Pouvez-nous dire quel est le mot finnois que vous préférez ?

    Terike Haapoja : Il n’y en a pas…

    Alors, à défaut de votre mot préféré, dites-nous un mot que vous aimez…

    Terike Haapoja : Il y en a tant…

    De manière plus académique, signalons que des chercheurs et des linguistes se pencheront sur cette question, au cours du colloque Langue et identité finnoises, organisé par Eva Havu à l’Institut finlandais, le vendredi 4 et le samedi 5 avril, de 14 h à 19 h (60, rue des Ecoles, 75005 Paris. Entrée libre dans la limite des places disponibles).

    JPG - 4.8 ko
    Communauté
    Crédit photo : Sanomo

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  • Devinette : Quel est le point commun de l’oiseau, du cheval, du chien, du chat et de l’homme ?

    Posté par 2goldfish le 11 mars 2008 à 09:47 | tags : 100% finlande, Printemps (im)médiat !, Art numérique

    L'installation "communauté"Comme Teemu Mäki, Terike Haapoja a filmé la mort d’un chat mais la ressemblance s’arrête là : elle a aussi filmé d’autres animaux mourants (un cheval, un chien, un oiseau), elle a utilisé une caméra thermique et surtout, elle ne les a pas tués elle même mais elle a assisté à des euthanasies pratiquées par des vétérinaires.

    Dans son installation "Communauté" présentée à l’Institut Finlandais du 27 mars au 18 avril dans le cadre de Printemps (Im)médiat, Terike Haapoja a disposé des cercles de toile sur le sol sur lesquels sont projetés les images thermiques d’animaux qui viennent de mourir. Leur forme en rouge et blanc se transforme petit à petit en un flou bleu foncé, le bleu du froid et de la mort.

    Avec ces animaux s’éteignant doucement à ses pieds, le spectateur se retrouve dans la position de l’automobiliste sorti contempler le chat qu’il vient d’écraser ou du vétérinaire qui achève le cheval dans l’hippodrome. Malgré cette position haute pourtant, le titre "communauté" est là pour nous rappeler que nous aussi, à un moment ou à un autre, nous aurons probablement des hommes au dessus de nous, qui nous regarderons nous éteindre. Ce serait dommage de l’oublier, tout de même.


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  • La Chorégraphie au bout du doigt

    Posté par 2goldfish le 10 mars 2008 à 15:59 | tags : Danse, 100% finlande, Printemps (im)médiat !, Art numérique

    extrait d'EntractePrésentée du 13 au 15 juin à l’Institut Finlandais dans le cadre de son Printemps (Im)médiat, Entracte d’Ari Tenhula est une installation vidéo interactive fascinante.

    Dans une pièce où le temps, représenté par le cycle solaire aperçu à travers une fenêtre, passe en accéléré, un danseur ou une danseuse se meut à une vitesse "normale"... Jusqu’à ce que le spectateur s’approche un peu plus et prenne en main les commandes qui lui permettent d’influer sur la chorégraphie, la faisant s’arrêter, s’accélérer ou faire demi tour, changeant même de danseur d’un simple geste de la main.

    Pour réaliser ce petit prodige technique, il a fallu développer un logiciel spécial qui calcule en temps réel les enchainements les plus fluides entre chaque position des danseurs. L’illusion est presque parfaite, ouvrant un champ de potentialité immense. Le spectateur devient une sorte de chorégraphe avec aux bouts des doigts l’infinité des possibles de la danse.

    Devant un spectacle, qu’il s’agisse de danse ou de tout autre art, le spectateur oublie souvent l’incroyable nombre de choix qui ont été faits et sont constamment remis en cause pour parvenir à la création d’une œuvre (certains artistes l’oublient aussi, mais c’est un autre problème).
    L’interactivité, c’est l’occasion de remettre en question toutes les évidences, de se remémorer tous les possibles. En plus c’est marrant parce que quand tu appuies sur un bouton, ça fait un truc et curieusement cette mécanique nous a tous toujours amusé depuis notre premier jouet en plastique chinois jusqu’aux claviers que nous avons tous en ce moment devant nous.

    Entracte, présentation et vidéos sur le site d’Ari Tenhula


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