Posté par 2goldfish le 16 avril 2008 à 09:59 | tags : Histoire
Durant la guerre froide, la Finlande a la difficile et unique position de voisin indépendant de l’URSS. Malheureusement, cette indépendance devra trouver une position entre la soumission des autres pays d’Europe de l’Est et le "on a juste notre plus gand parti politique qui prend des ordres de de Moscou" de la France. Cette situation est suffisament spécfique pour qu’on lui donne le nom de "finlandisation".
De 1956 (année où la Russie envahit la Hongrie) à 1982, on dit que le kremlin avait de facto un droit de veto sur la nomination des ministres finlandais. Pour pouvoir espérer faire carrière, les hommes politiques de tout bord se devait d’avoir un "kotiryssa", un ami "diplomate" russe, généralement un espion. Helsinki a longtemps disputé avec Berlin Ouest le titre de capitale européenne de l’espionnage.
Aujourd’hui quelque part dans les coffres de la Sécurité Finlandaise se cache la "liste Tiitinen", une liste qui contiendrait les noms de personnages très importants qui auraient collaboré avec la Russie et peut-être trahi leur pays durant la finlandisation. Le débat est très vif entre ceux qui voudraient la publication de cette liste et ceux qui au contraire souhaiteraient qu’on l’enterre, les deux camps étant persuadés que leur solution est la seule qui permettra à la Finlande de faire la paix avec ces heures sombres de son passé.
Posté par 2goldfish le 4 avril 2008 à 14:18 | tags : Vidéo, Histoire
En 1939 quand la Russie attaqua la Finlande, la France avait clairement choisi son camp et les journalistes de l’époque n’avaient pas peur de dire haut et fort qu’ils étaient d’accord avec leur gouvernement, au risque d’en faire des caisses. Un peu comme aujourd’hui, me direz-vous, sauf qu’ils bénéficient de la patine de l’Histoire qui nous permet aujourd’hui d’être à peu près certains que sur ce coup là au moins, ils avaient raison. Ce serait bien tout de même avec toutes les technologies moderne qu’on n’ait plus à attendre la fin des guerres et la chute des régimes pour savoir qui a tort et qui a raison, les choses seraient beaucoup plus simples.
Posté par 2goldfish le 27 mars 2008 à 13:29 | tags : Histoire

En Novembre 1939, l’Union Soviétique attaque la Finlande sans déclaration de guerre ("Vous en faites pas, c’est OK", aurait déclaré Staline, "on a une clause secrète avec Adolf"). Les russes ont évidemment une puissance militaire bien supérieure mais les finlandais résiste beaucoup mieux que prévu grâce notamment à des escadrons à ski et à leur cocktail Molotov. Malheureusement le pays est isolé, la Suède et la Norvège refusant le passage à des renforts envoyés par la France et l’Allemagne et au bout de trois mois la paix et signée, c’est la fin de ce qu’on appellera la Guerre d’Hiver. Les russes obtiennent des territoires finlandais (principalement la Carélie, au sud-est) mais les finlandais sont plus unis que jamais et détermines à les récupérer très vite.
C’est dans ce but qu’en 1941 la Finlande se rapproche de l’Allemagne juste avant que celle ci s’attaque aux russes. Carl Gustav Mannerheim conduit ses troupes à travers la Carélie mais s’arrête aux anciennes frontières de son pays, refusant de continuer comme le réclame Hitler. Les relations avec les allemands sont tendues mais c’est justement grâce à cela que la Finlande finira la seconde guerre mondiale sans avoir été ni russe ni allemande. Il faut noter qu’elle n’aura jamais rien fait pour ne serait-ce que flatter l’antisémitisme nazies. Je crois qu’on peut leur dire bravo, c’est vraiment classe.
Le calme dure jusqu’en 1944 : les russes ont repris le dessus, ils contre-attaquent et récupèrent la Carélie et un peu plus encore. Ils exigent un nouveau gouvernement dont Mannerheim prendra la tête et l’expulsion des troupes allemandes qui restent sur le territoire finlandais, principalement en Laponie. Pour la troisième fois il y a des balles qui volent, explosions, des morts et voilà, c’est fini. Le prix aura été lourd à payer mais au final, situation unique sur le continent : la Finlande ressort de la guerre indépendante et démocratique sans avoir un instant cessé de l’être.
Posté par 2goldfish le 25 mars 2008 à 16:49 | tags : Vidéo, Histoire, Politique, Cinéma, Actualité
Carl Gustaf Emil Mannerheim est un personnage finlandais qu’on pourrait rapprocher du général De Gaulle. Dans l’armée russe il est commandant de cavalerie sur le front austro-hongrois durant la première guerre mondiale. En 1917 il retourne en Finlande et prend la tête des forces "blanches" durant la guerre civile. Après la victoire il sera régent jusqu’au premières élections. Durant la seconde guerre mondiale il prendra le commandement de l’armée finlandaise et sera président du pays à la libération de 1944 à 1946. Mannerheim a toujours été méfiant vis à vis d’un rapprochement avec les allemands, contrairement au reste des "blancs", et il n’a jamais tenté un coup d’Etat que sa popularité et la fragilité de la jeune démocratie finlandaise lui aurait sans doute permis de réussir.
D’un autre côté, la guerre civile finlandaise à été une sale affaire qui a principalement fait des victimes hors des champs de batailles et Mannerheim aurait mené une double vie en secret. Il semble avéré qu’il était homosexuel, bien que ce soit un sujet que les conservateurs qui l’admirent pour son action ont souvent peu envie de discuter.
"Le papillon de l’Oural", un court-métrage d’animation de Katariina Lillqvist primé à Tampere a donc fait scandale lors de sa diffusion à la télévision la semaine dernière en représentant le héros finlandais au lit avec un jeune homme ou fusillant un "rouge" pendant la guerre civile. Le film sera montré au Festival international du film d’animation d’Annecy en juin mais, en attendant, voici une petite présentation composée de larges extraits et d’inserts en anglais. Au delà de toute considération polémique, la poésie de l’animation est indéniable :
Posté par 2goldfish le 18 mars 2008 à 11:55 | tags : Histoire
La Finlande a passé l’entre deux guerre à apprendre la démocratie et à panser les plaies de la guerre civile. Ça c’est passé comme ce genre de choses se passent au début : avec pleins de partis qui portent toujours les mêmes noms (le parti vieux finnois, le parti ouvrier, le parti jeune finnois, le parti du rassemblement national, le parti du peuple, le parti des agriculteurs, le parti agrarien... ) qui fusionnent ou se séparent, un parti communiste interdit, un parti anti-communiste interdit (le mouvement de Lapua, qui a tenté un coup d’Etat en 1932).
De 1919 à 1932, la Finlande a tenté la prohibition de l’alcool, qui comme aux Etats-Unis a ajouté ce petit goût d’interdit à la bière qui la rendait si savoureuse. Les finlandais buvaient donc plus et les barons du crime prospéraient... Il a bien fallu abandonner l’idée. Aujourd’hui, on a le droit de boire en Finlande (et on ne s’en prive pas) mais les magasins d’Etat Alko ont le monopole de la vente d’alcool au détail.
Malgré toute cette agitation politique, la Finlande avait déjà en elle cette capacité au consensus qui a fait de l’entre deux guerre une période de progrès économique et social : une réforme importante permet aux agriculteurs de devenir propriétaires de leurs terres et dès 1921 l’école devient obligatoire pour tous.
En bref, les choses allaient plutôt bien quand en 1939 la Russie demande des terres finlandaises pour son usage personnel et se les voit refuser. La suite logique au prochain épisode (il y aura de l’action et de l’aventure ! ).
Posté par 2goldfish le 6 mars 2008 à 14:42 | tags : Histoire
La dernière fois nous avions laissé la Finlande indépendante en 1917 avec un enthousiasme naïf mais, malheureusement, il ne suffit pas toujours de dire "nous sommes indépendants" pour que la suite ne soit que fêtes et insouciance (regardez donc le Kosovo).
Si Lénine a bien reconnu la déclaration d’indépendance finlandaise, il a tout de même jugé utile de laisser 42 000 soldats en poste sur le sol finlandais, comme ça, juste au cas où. Le parlement finlandais était par contre majoritairement composé de bourgeois pro-allemand qui se voyaient bien placer un prince teuton sur le trône finlandais. Les paysans et travailleurs eux était plus pour une république indépendante (bien que plutôt pro-russes, ils n’étaient pas communistes mais socio-démocrates).
Ces tensions ont vite dégénérées en guerre civile entre les "rouges" et les "blancs". Ces derniers ont gagné rapidement grâce à l’aide allemande mais entre la fin janvier et le début mai 1918 les combats furent âpres et pas très "civils", malheureusement : sur les 30 000 victimes de la guerre, beaucoup sont mortes dans les prisons et hors des champs de batailles, exécutées ou assassinées.
Ironie du sort, alors que les "blancs" victorieux se mettaient d’accord sur un prince allemand à mettre sur le trône, en novembre l’Allemagne s’effondre en perdant la première guerre mondiale. La Finlande deviendra donc une république démocratique mais il faudra longtemps pour que son économie et son peuple récupère des traumatismes subis durant ces quelques mois sanglant de 1918.
Posté par 2goldfish le 3 mars 2008 à 11:53 | tags : Société, Histoire
Qu’en est-il des droits des homosexuels en Finlande ? Si les illustrations de Tom Of Finland n’ornent pas encore le drapeau finlandais, de sérieuses avancées dans les droits des homosexuels ont été faites depuis les années 1970 et on peut dire aujourd’hui que la Finlande fait partie des pays les plus tolérants du monde en la matière.
L’homosexualité a officiellement été criminalisée par le code pénal en 1889 qui la punissait de deux ans de prison. Il faudrait attendre 1971 pour qu’elle soit décriminalisée bien que sa "promotion" soit toujours interdite. Dix ans plus tard, l’homosexualité est retirée de la liste des maladies (c’est aussi par coïncidence l’année ou l’on prend conscience du développement du SIDA qui, malheureusement, assurera le lien "homosexualité=maladie" dans les esprits, dans les années à venir).
En 1995 la discrimination basée sur l’orientation sexuelle est interdite, en 1999 on lève l’interdiction de la "promotion" de l’homosexualité (bien que la loi ne fut peu ou pas appliquée depuis longtemps) et en 2001, deux ans après le PACS en France, on accorde aux personnes du même sexe le droit à une forme d’union civile, le "partenariat enregistré" (quel romantisme dans l’appellation !) qui est en tous points semblable à un mariage d’un point de vue légal, si ce n’est deux "détails" important : les couples homosexuels n’ont toujours pas le droit d’adopter ni de porter le même nom.
Depuis 2001 d’autres lois ont été votées pour clarifier les droits des transsexuels et autoriser l’insémination artificielle de femmes célibataires et/ou homosexuelles ce qui, même si le débat ne semble pas encore à l’ordre du jour, ressemble fort à un premier pas vers l’adoption.
D’une manière générale, les finlandais ont une attitude plutôt tolérante vis à vis de l’homosexualité. Même si, comme partout, il reste du chemin à parcourir, on peut dire que le finlandais gay, pour peu qu’il tolère mes jeux de mots débiles, a de quoi être plutôt gai.
Posté par 2goldfish le 27 février 2008 à 09:11 | tags : Histoire
La semaine dernière nous avions laissé la Finlande en 1809 alors qu’elle passait des mains velues de la Suède aux puissants moufles russes. C’est en fait l’aboutissement de la dernière des nombreuses guerres opposant ses deux voisins qui fait tomber la Finlande sous l’emprise de l’empereur Alexandre 1er.
La Finlande devient donc Grand Duché Russe, avec un degré d’indépendance accru par rapport à l’époque suédoise, économiquement aussi, la situation s’améliore un peu. Bien sûr, ça fait partie du sisu que de savoir ne pas se plaindre et les livres d’histoire ou les pages d’Info Finlande que je consulte pour ces leçons d’histoire n’ont jamais un mot dur pour les anciens occupants de la Finlande, c’en est étonnant.
L’époque du Grand Duché sera celle de la naissance de la nation finlandaise : changer ainsi de mains pousse les finlandais à s’interroger sur ce qui fait leur identité propre et le nationalisme est super tendance partout en Europe de toute façon. En 1835 on publie le Kalevala, Maamme Laulu, le premier hymne national, est écrit par Johan Ludwig Runeberg et partout l’orgueil finlandais s’éveille, si bien qu’à la fin du XIXème siècle les rapports avec la Russie sont de plus en plus tendus.
Heureusement pour la Finlande, quand les communistes prennent le pouvoir en 1917, Lénine a d’autres soucis et la Finlande n’est pas embêtée quand elle déclare enfin son indépendance.
Posté par 2goldfish le 19 février 2008 à 13:46 | tags : Histoire

A partir du XIIème siècle la Finlande est un territoire très convoité par ses voisins : les suédois à l’Ouest et la République de Novgorod à l’Est et le Danmark au Sud ont tous des vues sur cette terre qui n’est pas encore véritablement un Etat. Il n’y a ni roi ni système féodal en Finlande à l’époque, ce qui tombe bien pour la Suède quand elle finit par s’assurer le contrôle du plus gros du territoire finlandais aujourd’hui en 1249. La Finlande est intégrée au royaume suédois et a même le droit de participer à l’élection du roi en 1362.
Au cours des presque six siècles de domination suédoise sur la Finlande, on ne peut pas dire que les finlandais aient été mal traités, tout du moins pas tellement plus mal que les suédois. Ces derniers s’assurent de bons postes dans l’administration et ont souvent une meilleure situation économique mais ils n’essaient pas d’éradiquer le finnois, par exemple. La Suède fera aussi beaucoup pour unifier la Finlande, fonder ses principales villes et l’intégrer dans le monde européen (ce qui veut dire à l’époque partager les cultures et les connaissances, marier ses noblesses entre elles pour faire la paix et tuer le tiers état pour faire la guerre).
La christianisation forcenée de la Finlande n’est que la suite d’un processus qu’a connu la Suède elle même quelques siècles auparavant. D’ailleurs quand la Suède adopte la réforme luthérienne au XVIème siècle, c’est en même temps que la Finlande, une partie comme une autre de ce qui est devenu l’Empire. Ce sera encore le cas jusqu’en 1812 quand la Finlande deviendra une partie comme une autre de l’Empire... Russe.
Posté par flyer le 15 février 2008 à 18:57 | tags : Musique, Histoire, Musique classique, Culture
La Finlande a un hymne national officieux.
Intriguant, n’est-ce-pas ?
Le pays dispose pourtant d’un hymne officiel depuis près d’un siècle, "Maamme Laulu" (Notre Pays), une hymne forte qui porte un texte noble et patriotique.
Alors pourquoi ce besoin d’un second hymne, "Finlandia", que les Finlandais vont même jusqu’à jouer lors des évènements officiels ?
Et bien figurez vous que ce besoin pourrait s’apparenter à une anti-mondialisation. Oui m’sieurs, dames. "Maamme Laulu" naît en 1846, sous la forme d’un poème écrit en Suédois par un Finlandais d’origine Allemande, Johan Ludvig Runeberg. Ce poème épique, dans la plus belle tradition de la Kalevala, ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd puisque deux ans plus tard (en 1848), un autre Finlandais d’origine Allemande, le compositeur d’opéra Fredrik Pacius, écrira une musique puissante pour porter le texte.
"Maamme Laulu" est née. Aujourd’hui, le thème fait partie des chefs d’oeuvres du nationalisme romantique, et reste une pièce musicale prisée dans toute la Scandinavie.
Il faudra attendre 1889 pour qu’un Finlandais de pure souche, Paavo Cajander, traduise le texte Suédois et y introduise plus expressément la Finlande. "Maamme Laulu" prendra racine dans l’imaginaire Finlandais lors de la déclaration d’indépendance du pays, en 1917, et deviendra vite l’hymne officielle de la jeune République.

Mais aussi celle de l’Estonie ! Qui transformera les paroles en conservant le même thème musical. D’où l’embêtement Finlandais, quelque 90 ans après l’adoption de "Maamme Laulu", de continuer à partager "leur" hymne national.
Après tout, imaginez que l’Espagne se mette à chanter "La Grenadaise" sur l’air de Rouget de Lisle. Ce ferait un drôle d’effet, non ?
Les Finlandais militent donc activement pour que "Maamme Laulu" soit abandonné au profit de "Finlandia !", une pièce musicale composée en 1899 par le Finlandais Jean Sibelius pour s’opposer à la révocation de l’indépendance Finlandaise promulguée par l’empire Russe.
A l’époque, pour éviter la censure Russe et jouer le thème dans les concerts, les Finlandais le renommaient au gré de leurs envies. Un exemple fameux : "Joyeux Sentiments au Réveil du Printemps Finlandais".
Et comme les Finlandais ont plus d’un tour dans leur sac, sachez que vous avez sans doute tous déjà entendu Finlandia... à la fin de "58 minutes pour vivre" (aka "Die Hard 2"). Le réalisateur du blockbuster, Renny Harlin, étant un fervent Finlandais de naissance.

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