Posté par 2goldfish le 24 mai 2008 à 10:33 | tags : Musique, Eurovision

Marre de l’Eurovision ? Je vous comprends ! A la place, pourquoi ne pas nous intéressez un peu à l’Ourvision ? Ce concours crée l’an dernier quand la FInlande accueillait l’Eurovision a pour objectif de célébrer la différence et la mixité sociale en présentant des concurrents qui ont deux points communs : ils chantent et ils on immigré en Finlande.
La gagnante du concours en 2008 est la Moldave Iolanta Savva, qui est repartie avec 2500€ et la promesse de la réalisation d’un clip ainsi qu’un projet de tournée avec ses dauphins l’estonienne Kadi Vija et le cubain Norlan Santana.
On pourra regretter que cette "célébration de la différence" ait été remporté par une jeune et jolie fille qui chantait une ballade mielleuse de Beyoncé plutôt que par le gros cubain qui chantait du reggaeton, mais on ne peut que saluer une telle célébration de l’immigration en Finlande quand chez nous nous n’en parlons jamais que comme un problème.
Si on crée un concours Ourvision français, je m’y inscrirais en tant qu’immigré d’origine bretonne et je chanterais la chansons d’Arnold et Willy "personne dans le monde, ne marche du même pas..".
Posté par 2goldfish le 23 mai 2008 à 14:45 | tags : 100% finlande, Art plastique, Environnement
A partir de lundi et pour quinze jours, le festival finalndais Amorph ! prend résidence en France. Quatre artistes français et quatre artistes finlandais qui ne se connaissent pas se verront, deux par deux, assigner un bout d’espace public et devrons en faire... quelque chose !
Ca n’a pas l’air de grand chose dit comme ça, je le sais, mais je ne peux pas deviner ce qu’ils n’ont même pas encore décidé de faire. Ce dont je peux vous parler, par contre, c’est des travaux antérieurs des artistes. Mimosa Palen, par exemple, est un très bon début puisque celle qui fera la paire avec Viviana Moin à Mains d’Oeuvre à Saint Ouen est devenu célèbre grâce à "l’origine du monde", si vous me permettez ce doux euphémisme.
Dans un geste qui se voulait à la fois écolo et féministe, elle a construit le pousse-pousse (moyen de locomotion urbain non polluant) à la forme si singulière que vous ne voyez pas sur cette photo (mais que vous pouvez voir nettement ici si vous n’êtes pas au travail ou si votre entourage professionnel est "permissif"). Mimosa Palen voulait en promenant les habitants d’Helsinki dans son pousse pousse de deux mètres cinquante de haut protester contre la domination des symboles phalliques dans la société.
D’habitude je terminerais ce billet par une blague ou un jeu de mot et j’en ai bien que me viennent à l’esprit mais, j’en suis désolé, aucun n’est très élégant. J’ai déjà eu bien du mal avec le titre, pour tout vous dire.
Posté par 2goldfish le 22 mai 2008 à 15:17 | tags : Politique, Personnalité, Actualité
Le prix Félix Houphouët-Boigny vient d’être remis à Martti Ahtisaari, président de la Finlande de 1994 à 2000. Ce prix, crée par feu le président de la Côte d’Ivoire, récompense les personnes qui ont oeuvré pour la paix dans le monde et a été attribué dans le passé à quelques figures importantes comme Nelson Mandela, Jimmy Carter ou Yitzhak Rabin.
Monsieur Ahtisaari, soixante-dix ans, a passé sa vie à tenter d’empêcher les gens de se taper dessus, que ce soit en tant qu’ambassadeur de la Finlande en Namibie, sous secrétaire général de l’ONU ou en tant que fondateur de l’ONG Crisis Management Initiative. Il a supervisé le désarmement de l’IRA, "‘facilité le processus de paix entre l’Indonésie et les séparatistes d’Aceh", a œuvré au Kosovo, en Namibie, a organisé des pourparlers entre sunnites et chiites irakiens... Il aurait été pressenti pour le prix Nobel de la paix à plusieurs reprises.
Ce genre d’homme nous pousse à nous demander : "Qu’avons nous fait pour la paix dernièrement ?". Pour ma part je peux dire que j’ai... euh, "pas fait la guerre", ce qui serait déjà pas mal pour la paix si tout le monde suivait mon exemple mais, comme l’illustrent les dialogues organisés toute sa vie par Martti Ahtisaari, la paix, ce n’est pas seulement l’absence de guerre.
Posté par 2goldfish le 21 mai 2008 à 10:24 | tags : Vidéo, Humour
Survivre étant l’une des activités les plus populaires chez les êtres humains de cette terre, ce petit guide destiné aux étudiants Erasmus devrait intéresser même ceux qui n’étudient ni ne pratiquent l’échangisme national. On y apprend à craindre les autobus finlandais qui semblent dangereux et régis par des règles obscures à suivre à la lettre. On y trouve aussi bien sûr la confirmation que la première règle de survie à l’étranger, où qu’on soit, c’est de parler anglais, pour le meilleur ou pour le pire...
Posté par 2goldfish le 20 mai 2008 à 18:13 | tags : Société, 100% finlande
Mes antennes, qui vibrent dès que sont prononcés les mots "Finlande", "finlandais", "Helsinki" ou "sébum" (ne me demandez pas pour ce dernier, s’il vous plait), m’ont rapporté que la finlande inspire pas mal de monde en ce moment. Les mots "modèles finlandais" en particulier reviennent souvent, que ce soit à propos de la réforme de la télévision publique pour laquelle on pourrait faire pire que de s’inspirer de l’YLE, ou celle de l’éducation où l’un des rares points qui semblent mettre tout le monde d’accord du gouvernement aux enseignants en passant par l’opposition (ce qui, selon la logique qui gouverne ces choses, garantit qu’il ne sera jamais mis en pratique) c’est qu’il faudrait comme en Finlande abandonner le redoublement.
D’une manière générale, tout le monde voudrait faire comme en Finlande dans l’éducation. Le seul problème c’est qu’on a du mal à se mettre d’accord sur ce que ça veut dire. D’où l’importance de la Table Ronde autour de l’éducation finlandaise à la BNF jeudi soir. Autour d’une table ronde, on se met plus facilement d’accord (et ceux qui pensent que ce point est trivial n’ont sans doute pas comme moi subi dans leur scolarité toutes les permutations imaginatives du mobilier de leur classe de professeurs bien intentionnés).
Autour de la table on retrouvera Nabila Tabouri, journaliste à France 2, spécialiste des questions d’éducation. Paul Robert, écrivain et professeur de français, auteur du livre "La Finlande : un modèle éducatif pour la France", la directrice du lycée franco finlandais d’Helsinki... Et à la fin, le groupe Wimme viendra interpréter quelques joïks. Il faudra que je vous parle des joïks, qui sont quelque chose de formidable, mais qui sont aussi toute une autre histoire. En attendant vous pouvez écouter un Joik chanté par Wimme sur ce site avec quelques efforts de navigations (un indice : allez dans "folk")
Posté par 2goldfish le 20 mai 2008 à 12:19 | tags : Vidéo, Musique, Politique, Humour, Eurovision, Art numérique
Il semble que nous ne faisons que de parler de musique en ce moment, et je m’en excuse, c’est l’actualité qui veut ça : ce soir a lieu la première demi-finale de l’Eurovision 2008 et c’est dans celle là que la Finlande joue sa qualification pour la phase finale samedi. Vous pourrez suivre la soirée sur le site de l’Eurovision, heureusement, puisqu’aucune chaine française n’a jugé bon de diffuser cet évènement d’importance internationale.
Vous pouvez penser que j’ironise mais il n’en est rien. Dans une soirée télé qui a de la place pour un match "Bretagne/Congo", des téléfilms "Opération Commando" et "Terrorisme en Haute Mer" et finalement "Pokémon 2", je trouve dommage qu’on ne nous accorde pas un peu d’exotisme pan-européen.
En espérant donc que Terasbetoni vaincra et qu’on pourra les voir samedi lutter contre Sébastien Tellier, je vous invite à regarder cette petite parodie de l’Eurovision extraite de The Autocrats, l’émission de satire politique du studio Anima :
Posté par Susanna Mälkki le 20 mai 2008 à 08:25 | tags : Musique, Musique classique, Musique contemporaine, 100% finlande, Ensemble Inter Contemporain
Susanna Mälkki, directrice musicale de l’Ensemble Inter-Contemporain, nous parle de la soirée de vendredi prochain que nous évoquions hier en même temps que l’alcoolisme de Jean Sibélius.
"Ce programme est entièrement constitué d’œuvres du XXe siècle. La musique de Sibelius n’a pas été beaucoup jouée en France jusqu’à maintenant, et je suis heureuse d’avoir une possibilité de présenter une œuvre rare, car c’est surtout ce côté mystique de Sibelius qui me fascine et le Barde en est un très bon exemple. C’est une sorte d’appel de et à l’au-delà. Je vois cette musique comme hors du temps. La musique en général est, à mon avis, quelque chose qui traite des rapports avec le temps.
Je suis aussi ravie de rencontrer Christine Schäfer qui est tout simplement magnifique - c’est elle qui avait créé la pièce de Reimann à l’origine. Cette œuvre est basée sur les poèmes d’Emily Dickinson.
Bien entendu, avec Tod und Verklärung (Mort et Transfiguration) de Strauss nous sommes concrètement dans la thématique de la vie et de la mort : les derniers moments de la vie d’une personne malade confrontée à la mort. La peur de mourir, et à la fin la grande chorale qui correspond au moment où le mourant se laisse partir, au soulagement qu’il éprouve à l’idée de lâcher prise. C’est un moment très touchant.
Ce sera un plaisir de rencontrer l’Orchestre Philharmonique de Radio France cette semaine pour la première fois.”
Posté par 2goldfish le 19 mai 2008 à 18:41 | tags : Vidéo, Humour, Art numérique
Le studio finlandais Anima réalise des animations 3D pour la pub, la télévision pour enfants et pour adultes (non, pas ce genre là télévision pour adulte, ils ont juste crée The Autocrats, des sortes de Guignols de l’Info finlandaise), le cinéma et partout en général où les images bougent.
Ils ont été à l’université, ils sont jeunes, ils sont beaux, ils ont reçus plein de prix... Nous avons tous entendu cette histoire mille fois. Ce qui distingue vraiment Anima des autres, c’est leur travail au sujet duquel je pourrais me lancer dans dithyrambe grandiloquente ou que je pourrai me contenter de vous montrer. La dithyrambe n’étant plus très à la mode, me glisse-t-on à l’oreille, c’est "embed this video" qui a gagné. Via Youtube, donc, je vous présente "The Last Knit" :
Posté par 2goldfish le 19 mai 2008 à 15:13 | tags : Musique, Musique classique, 100% finlande
Le Barde a été composé par Jean Sibélius en 1913-1914. En 1908 le compositeur avait été opéré d’une tumeur au larynx et on lui avait formellement interdit de boire une goutte d’alcool de plus, ce qui n’était pas une mince affaire pour lui à l’époque : en clair, il s’était fait redresser une gorge en pente. Les années qui suivirent furent donc sobres et, alors qu’en apparence il n’avait jamais été si heureux, la musique composée en buvant de l’eau s’est avérée plutôt sombre et mélancolique, en particulier ce Barde, un poème tonal orchestral qui s’interdit la dramaturgie habituelle du genre. Plutôt que des montagnes russes, la petite poignée de minutes du Barde relèvent de la méditation, voire de la rumination.
Susanna Mälkki dirigera l’Orchestre Philharmonique de Radio France à travers Le Barde ce vendredi (le 23 mai) Salle Pleyel entre la création de Finite Infinity d’Aribert Reimann et la Mort et Transfiguration de Richard Strauss.
En 1915, Jean Sibélius a repris l’alcool, preuve sans doute que ses compositions comme le Barde révélaient un malaise profond qu’il ne savait ou pouvait exprimer autrement.
Posté par Blomki le 17 mai 2008 à 17:12 | tags : Cirque, Jazz
je vous invite à vous précipiter à la Villette pour voir ce cirque d’aujourd’hui, toujours virtuose mais tellement vivant
De prime abord, sachez que l’évocation du mot cirque ne m’inspire guère. Je pense au cirque de mon enfance (Freud nous voilà !), ça sent le pipi de tigre, un orchestre essoufflé tente de donner un peu de vie aux numéros des clowns toujours tristes de voir un chapiteau aux trois quart vide. Le costume élimé de monsieur loyal ne faisait plus rêver depuis longtemps et la seul chose qui me fascinait vraiment alors dans ces cirques de province, c’était les structures qui soutenaient les gradins, elles étaient monumentales avec un regard de gosse, c’était bien plus divertissant qu’un vieil éléphant grippé.

Eh bien alors je suis retourné voir un numéro de cirque hier. Il y avait des équilibristes, un monsieur loyal (évidemment), un clown, un grand orchestre, de la magie, de la jonglerie et des jeux de lumière. C’était bien du cirque et pourtant c’était sans comparaison avec le tableau un peu suranné que j’ai dressé plus haut. Cliquez sur le bouton lecture de la vidéo, à la fin de cet article, pour mettre un peu d’ambiance, lisez et regardez ces quelques images (oui, regardez les car j’ai du me battre contre des vigiles très grands et très forts qui voulaient me piquer mon appareil ! ).
La troupe est installée dans un cabaret, on choisit une table, on commande un verre. Un big-band de jazz commence, les cuivres envahissent l’espace et le jeu de la guitare électrique teinte les mélodies d’accents un peu rock. Exit la fanfare donc !
Jani Nuutinen est monsieur loyal (nous le connaissons bien puisque nous lui avons consacré un dossier ces derniers jours), il n’a pas besoin de mots pour ouvrir la scène aux artistes. Il évolue prépare le terrain, évolue sur scène, ouvre un rideau et s’éclipse discrètement. Et là, les numéros se suivent et ne se ressemblent pas.
Le jongleur est un danseur, c’est avec son corps tout entier qu’il joue. Une jeune acrobate fait des noeuds avec ses jambes, suspendue à un trapèze. Une jeune femme court et joue sur un fil tendu, même pas peur.
Tout ça nous a ouvert l’appétit, on a soif, on commande un verre, une assiette Seisova (des crudités, du saumon fumé avec des tartines de pain de seigle).

La trentaine de musiciens reprend, ça swingue, c’est pêchu, . Et puis monsieur loyal fait le clown, enfin il fait aussi de la magie, il trouve et perd la boule dans les plis de son uniforme. Et puis il y a ce mec là, un vrai molosse sous un air de gosse, qui soulève une jeune fille menue, assise au creux de la main du bonhomme. Bon là j’exagère un peu, mais c’est cette impression que l’on ressent, une parfaite adéquation entre la force et la délicatesse (c’est chelou, on se demande s’il a triché mais non, c’est un vrai bonhomme, Iron Man à côté c’est un naze).
Alors voilà, tout cela est très beau, poétique, fascinant et je vous invite à vous précipiter à la Villette pour voir ce cirque d’aujourd’hui, toujours virtuose mais tellement vivant.