
Kaarina Kaikkonen (née en 1952), diplômée de l’École de l’académie des beaux-arts de Finlande, est célèbre dans son pays pour ses grandes installations et oeuvres d’art in situ, qu’elle crée entre autres à partir de vieilles vestes d’homme, chemises et chaussures, ou de papier hygiénique. Ses créations, souvent de grandes dimensions, ont été remarquées par le grand public à partir de l’été 2000, lorsque, avec l’aide d’assistants, elle a installé sur l’escalier monumental menant à la cathédrale de Helsinki une oeuvre intitulée Tie (« Chemin »), constituée de près de trois mille vestes de couleurs différentes.
Kaikkonen trouve souvent les matériaux de ses créations aux puces ou dans des stocks de vêtements d’occasion. Il peut aussi arriver que des personnes participant à la construction de ses oeuvres lui fassent cadeau d’effets usagés. C’est par exemple ce qui s’est passé au Japon, où Kaikkonen a été invitée à la Triennale d’art contemporain d’Echigo-Tsumari au cours de l’été 2006 : les vêtements des villageois ont servi à construire un pont de 200 mètres de long, Like a Bridge Over Troubled Water, qui, partant d’un parking urbanisé, s’élevait vers le sommet d’une montagne. Les vestons noirs ont un lien inconscient avec son père, qu’elle a vu mourir quand elle était enfant. Au début des années 2000, la mort de sa mère, déjà âgée, a comme libéré l’esthétique de l’artiste, qui a adopté comme matériaux les chaussures de cette femme éprise de féminité. Kaikkonen a ainsi utilisé des escarpins, démontés et disséqués, pour réaliser entre autres un grand relief, Yön kuningatar (« La reine de la nuit »), qui se déploie sur un mur tel un monde fantasmagorique peuplé de plantes ou d’insectes aux formes extraordinaires.
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